Affichage des articles dont le libellé est 1236 Les Béatitudes. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est 1236 Les Béatitudes. Afficher tous les articles

16 septembre, 2024

Jésus bonsoir ! *Jésus a compassion* !

 


17 septembre 2024. Mardi de la 24 semaine du Temps Ordinaire.

*Luc 7, 11-17*

 

Voyant celle-ci, le Seigneur fut saisi de compassion pour elle et lui dit : « Ne pleure pas. »

 

*Seigneur, aujourd'hui, j'ai été ému en lisant ton admiration pour le bon centurion païen* qui ne s'est pas jugé digne de te recevoir dans sa maison.

 

J'ai répété sa prière plusieurs fois dans la journée.

 

Et demain, je trouverai dans la Messe un autre de tes gestes qui me fait tomber amoureux de toi : tu as compassion de la pauvre veuve de Naïm.

 

*Je me vois aussi fragile qu'elle*.

 

Donne-moi ses larmes pour attirer ton Amour.

10 septembre, 2024

CEC 1716 Mercredi Les pauvres

 


La première béatitude apparaît dans le Catéchisme de l'Église Catholique (CEC) aux *points 1716 à 1717*.

 Elle y est mentionnée dans le cadre de l'explication des Béatitudes, que Jésus a prononcées lors du Sermon sur la Montagne.


Le *but* de la présentation des Béatitudes dans le CEC est de montrer qu'elles sont au cœur de l'enseignement de Jésus et qu'elles décrivent le chemin vers le bonheur éternel. 


La première béatitude, « Heureux les pauvres en esprit, car le Royaume des cieux est à eux », indique que l'humilité et la reconnaissance de notre besoin de Dieu nous ouvrent les portes du Royaume céleste

Le CEC explique que cette pauvreté de cœur est la voie pour entrer dans la vraie communion avec Dieu et vivre une vie centrée sur Lui.

19 août, 2024

30.02.03 Matthieu 19, 23-30 Les riches

 



 « Amen, je vous le dis : un riche entrera difficilement dans le royaume des Cieux.

 

 « Voici que nous avons tout quitté pour te suivre : quelle sera donc notre part ? »

 

Et celui qui aura quitté, à cause de mon nom, des maisons, des frères, des sœurs, un père, une mère, des enfants, ou une terre, recevra le centuple, et il aura en héritage la vie éternelle.

 

Jésus explique que les richesses peuvent rendre difficile l'entrée au Royaume de Dieu, car elles peuvent nous éloigner de ce qui est vraiment important.

 

Pierre demande ce qu'ils gagneront en suivant Jésus.

 

Jésus répond que ceux qui laissent tout pour Lui recevront bien plus : non seulement des bénédictions ici-bas, mais surtout la vie éternelle.

 

Il montre que suivre Jésus demande des sacrifices, mais que cela en vaut largement la peine, car les récompenses sont infinies.

 

C’est une invitation à placer Dieu avant tout le reste et à Lui faire confiance pour prendre soin de nous.

07 mars, 2020

Introduction aux Béatitudes du pape François

.


Catéchèse du pape François (texte adapté)

Chers frères et sœurs, bonjour !

Nous entamons aujourd’hui (29 janvier 2020) une série de catéchèses sur les Béatitudes dans l’Évangile de Matthieu (5,1-11).

Ce texte, qui ouvre le « Discours sur la montagne ».

Il est difficile de ne pas être touché par ces paroles de Jésus, et il est juste d’avoir le désir de les comprendre et de les accueillir toujours plus profondément.

Les Béatitudes contiennent la « carte d’identité » du chrétien (c’est notre carte d’identité), parce qu’elles dessinent le visage de Jésus et son style de vie.

Avant tout, il est important de voir comment a eu lieu la proclamation de ce message : Jésus, voyant les foules qui le suivent, monte sur la pente douce qui entoure le lac de Galilée, et, s’adressant à ses disciples, annonce les Béatitudes.

Le message s’adresse donc aux disciples, mais à l’horizon, il y a les foules, c’est-à-dire toute l’humanité. C’est un message pour toute l’humanité.

En outre, la « montagne » renvoie au Sinaï, où Dieu donna à Moïse les Commandements. Jésus commence à enseigner une nouvelle loi : être pauvres, être doux, être miséricordieux…
Ces « nouveaux commandements » sont bien plus que des normes. <Ce sont des vertus>.    En effet, Jésus dévoile la voie du bonheur (sa voie) répétant huit fois le mot « heureux ».

Chaque Béatitude se compose de trois parties.
D’abord, il y a toujours le mot « heureux » ; puis vient la situation dans laquelle se trouvent ceux qui sont heureux : la pauvreté de cœur, l’affliction, la faim et la soif de justice, etc. ; enfin, il y a le motif de la béatitude, introduit par la conjonction « car » : « Heureux ceux-ci car…, heureux ceux-là car… ».

Ce sont les huit béatitudes et ce serait beau de les apprendre par cœur pour les répéter, pour avoir vraiment dans la tête et dans le cœur cette loi que nous a donnée Jésus.

Faisons attention à cet aspect : le motif de la béatitude n’est pas la situation actuelle mais la nouvelle condition que les bienheureux reçoivent de Dieu comme un don : « car le Royaume des cieux est à eux », « car ils seront consolés », « car ils recevront la terre en héritage », etc.

Dans le troisième élément, qui est précisément le motif du bonheur, Jésus emploie souvent un futur à la forme passive : « ils seront consolés », « ils recevront la terre en héritage », « ils seront rassasiés », « ils obtiendront miséricorde », « ils seront appelés fils de Dieu ».


<La situation qui nous rend heureux ne parle pas de quelqu’un qui a l’estomac plein ou qui a une vie facile, mais c’est une personne qui est dans une condition qui le permet de progresser dans l’union avec Jésus et qui avance dans la voie de Dieu : la patience, la pauvreté, le service des autres, la consolation… Ceux qui progressent dans ces domaines sont heureux et seront bienheureux>.

Pour se donner à nous, Dieu choisit souvent des chemins impensables, peut-être ceux de nos larmes, de nos échecs.

C’est la joie pascale dont parlent nos frères orientaux, celle qui porte des blessures, des stigmates, mais qui est vivante, car c’est une joie qui  a traversé la mort et qui a fait l’expérience de l’Amour de Dieu.

Les Béatitudes sont des situations qui peuvent de conduire à la joie ; elles sont la voie pour atteindre la joie.

Cela nous fera du bien de prendre l’Évangile de Matthieu aujourd’hui, au chapitre cinq, versets un à onze, et de lire les Béatitudes (peut-être plusieurs fois au cours de la semaine) pour comprendre ce chemin si beau, si sûr, du bonheur que le Seigneur nous propose.

06 mars, 2020

Heureux les pauvres de cœur, car le Royaume des cieux est à eux

.

Audience du pape François 5 février 2020 « Une pauvreté au service de la liberté »

Le texte adapté est entre < >
Chers frères et sœurs, bonjour !
Nous abordons aujourd’hui la première des huit Béatitudes de l’Évangile de Matthieu.
 Jésus commence à proclamer son chemin du bonheur par une annonce paradoxale : « Heureux les pauvres de cœur, car le Royaume des cieux est à eux » (5,3).
Une voie surprenante et un étrange objet de béatitude : la pauvreté.
Nous devons nous demander : qu’est-ce qu’on entend ici par « pauvres » ? Si Matthieu n’employait que ce mot, il aurait simplement une signification économique, c’est-à-dire qu’il indiquerait les personnes qui ont peu ou qui n’ont pas du tout de moyens de subsistance et qui ont besoin de l’aide des autres.
Mais l’Évangile de Matthieu, à la différence de celui de Luc, parle de « pauvres de cœur ». Que veut-il dire ?
L’esprit (en français : le cœur) selon la Bible, est le souffle de la vie que Dieu a communiqué à Adam ; c’est notre dimension la plus intime, disons la dimension spirituelle, la plus intime, celle qui fait de nous des personnes humaines, le noyau profond de notre être.
Alors les « pauvres de cœur » sont ceux qui sont et qui se sentent pauvres, mendiants, dans l’intime de leur être. Jésus les proclame heureux, parce que c’est à eux qu’appartient le Royaume des cieux.

Combien de fois nous a-t-on dit le contraire ! Il faut être quelque chose dans la vie, être quelqu’un… Il faut se faire un nom… C’est de là que nait la solitude et la tristesse : si je dois être « quelqu’un », je suis en compétition avec les autres et je vis dans la préoccupation obsessionnelle de mon ego.
Si je n’accepte pas d’être pauvre, je prends en haine tout ce qui me rappelle ma fragilité. Parce que cette fragilité m’empêche de devenir une personne importante, un riche non seulement d’argent, mais de réputation, de tout.

Toute personne, face à elle-même, sait bien que, quel que soit le mal qu’elle se donne, elle reste toujours radicalement incomplète et vulnérable. Il n’existe pas de maquillage pour couvrir cette vulnérabilité. Chacun de nous est vulnérable, à l’intérieur. Il doit voir où.

Mais…, comme on vit mal, si l’on ne reconnaît pas ses propres limites ! On vit mal.

Les personnes orgueilleuses ne demandent pas d’aide, ne peuvent pas demander d’aide, il ne leur vient pas à l’esprit de demander de l’aide parce qu’elles doivent montrer qu’elles sont auto-suffisantes. Et combien parmi elles ont besoin d’aide, mais l’orgueil empêche de demander de l’aide.

Et comme il est difficile d’admettre une erreur et de demander pardon ! Quand je donne un conseil aux jeunes époux, qui me demandent comment bien vivre leur mariage, je leur dis : « Il y a trois mots magiques : s’il te plaît, merci, excuse-moi ». Ce sont des mots qui viennent de la pauvreté de coeur.

Il ne faut pas être envahissant, mais demander la permission : « Que penses-tu ? », ainsi il y a un dialogue en famille, l’épouse et l’époux dialoguent. « Tu as fait cela pour moi, merci, j’en avais besoin ».
Et puis on fait toujours des erreurs, on glisse : « Excuse-moi ! ». Les couples, les jeunes ménages, ceux qui viennent ici et ils sont nombreux, me disent : « Le troisième est le plus difficile », s’excuser, demander pardon. Parce que l’orgueilleux n’y arrive pas. Il ne peut pas s’excuser : il a toujours raison. Il n’est pas pauvre de cœur.
En revanche, le Seigneur ne se lasse jamais de pardonner ; c’est nous qui nous lassons de demander pardon. La fatigue de demander pardon : c’est une mauvaise maladie !

Pourquoi est-il difficile de demander pardon ? Parce que cela humilie notre image hypocrite. Et pourtant, vivre en cherchant à occulter nos propres carences est fatigant et angoissant. Jésus-Christ nous dit : être pauvre est une occasion de grâce : Nous avons reçu un cœur pauvre, parce que c’est là le chemin du Royaume de Dieu.

Alors, nous ne devons pas nous « transformer » pour devenir pauvres de cœur, nous ne devons faire aucune transformation parce que nous le sommes déjà ! Nous avons besoin de tout. Nous sommes tous pauvres de cœur, nous sommes des mendiants. C’est la condition humaine.

Le Royaume de Dieu appartient aux pauvres de cœur.
Les royaumes de ce monde, malgré leurs biens et leur confort, ce sont des royaumes qui prennent fin.
Le pouvoir des hommes, même les empires les plus grands, passent et disparaissent. Nous voyons si souvent aux nouvelles télévisées ou dans les journaux que tel gouvernant fort, puissant, ou tel gouvernement qui existait hier et qui n’existe plus aujourd’hui, est tombé. Les richesses de ce monde passent, même l’argent. Je n’ai jamais vu, derrière un cortège funèbre, un camion pour le déménagement : personne n’emporte rien avec soi. Ces richesses restent ici.

Règne vraiment celui qui sait aimer le véritable bien. Et c’est cela, le pouvoir de Dieu. <Le vrai amour consiste à donner>.

En quoi le Christ s’est-il montré puissant ? Parce qu’il a su faire ce que les rois de la terre ne font pas : donner sa vie pour les hommes. Et c’est cela, le vrai pouvoir. Le pouvoir de la fraternité, le pouvoir de la charité, le pouvoir de l’amour, le pouvoir de l’humilité. Voilà ce qu’a fait le Christ.

C’est en cela qu’est la vraie liberté <la liberté pour aimer, la liberté pour donner> : celui qui a ce pouvoir de l’humilité, du service, de la fraternité est libre. <Il sait aimer>.

La pauvreté dont les Béatitudes font l’éloge est au service de cette liberté. <Car nous avons besoin d’apprendre à donner>.

Parce qu’il y a une pauvreté que nous devons accepter, celle de notre être <qui ne sait pas aimer suffisamment>, et une pauvreté que nous devons, en revanche, chercher, <le détachement> la pauvreté concrète des choses de ce monde, pour être libres et pouvoir aimer.

Nous devons toujours chercher la liberté du cœur, <un cœur qui sache aimer>, celle qui plonge ses racines dans la pauvreté de notre être. <La liberté de pouvoir apprendre toujours à donner davantage, comme Dieu donne>.

 

05 mars, 2020

« Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés »


Chers frères et soeurs, bonjour !

Nous avons entrepris le voyage des Béatitudes et aujourd’hui, nous nous arrêtons sur la seconde : Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés.
 <Le texte a été un peu modifié en français facile>
Dans la langue grecque, dans laquelle est écrit l’Évangile, cette béatitude est exprimée à la forme active : « s’affligent » ; ils pleurent, dans le sens qu'ils provoquent les pleures dans leurs âmes.

C’est une attitude qui est devenue centrale dans la spiritualité chrétienne et que les pères du désert, les premiers moines de l’histoire, appelaient « penthos », c’est-à-dire une douleur intérieure
Une douleur qui ouvre la porte  à une double relation : une relation renouvelée avec le Seigneur et une relation renouvelée avec son prochain.


Dans les Écritures, la deuxième relation (avec le prochain) naît de la souffrance à cause de la mort, de la maladie ou des peines de quelqu’un.

La première relation naît de sa propre peine.
Ce sont les larmes à cause du péché (de son propre péché), quand le coeur saigne de la douleur d’avoir offensé Dieu et le prochain.
------------------------------------------------


Il s’agit donc d’aimer l’autre de telle manière qu’on se lie à lui ou à elle jusqu’à partager sa douleur.
Il y a des personnes qui restent distantes, un pas en arrière.
Non ! Il est important pour nous que les souffrances des autres puissent ouvrir une brèche dans notre coeur.

J’ai souvent parlé du don des larmes et dit combien il est précieux.
Cf. Exhort. ap. Christus vivit, 76 ; Discours aux jeunes de l’Université S. Tomas, Manille, 18 janvier 2015 ; Homélie du mercredi des cendres, 18 février 2015

Peut-on aimer de manière froide ? Peut-on aimer par par devoir ? Sûrement pas.
Il y a des personnes à réveiller, qui ont un coeur de pierre et qui ont oublié comment on pleure.
Il faut aussi réveiller les gens qui ne savent pas se laisser émouvoir par la douleur d’autrui.

Le deuil, par exemple, est un chemin amer, mais il peut être utile pour ouvrir les yeux sur la vie et sur la valeur sacrée et irremplaçable de toute personne et, à ce moment-là, on réalise combien le temps est bref.
--------------------------------------------------------


Il y a une seconde signification de cette béatitude: pleurer son péché.

Ici, il faut distinguer : il y a ceux qui sont en colère parce qu’ils ont fait une erreur. Mais cela, c’est de l’orgueil.
En revanche, il y a ceux qui pleurent le mal qu’ils ont commis, le bien qu’ils ont omis, la trahison de leur relation avec Dieu.

On pleure parce qu’on ne correspond pas au Seigneur qui nous aime tant, et la pensée du bien que l’on n’a pas fait nous attriste ; cela, c’est le sens du péché.

« J’ai blessé celui que j’aime » et cela les fait souffrir à en verser des larmes. Que Dieu soit béni si ces larmes viennent !

C’est la question sur nos propres péchés.
Question difficile mais vitale.

Pensons aux pleurs de saint Pierre, qui le conduiront à un amour nouveau et bien plus vrai : ce sont des larmes qui purifient, qui renouvellent.
Pierre a regardé Jésus et a pleuré : son coeur a été renouvelé.
À la différence de Juda, qui n’a pas accepté de s’être trompé et, le pauvre, il s’est suicidé.

Découvrir son péché et comprendre sa malice est un don de Dieu, c’est une oeuvre de l’Esprit Saint.

Tout seuls, nous ne pouvons pas comprendre la gravité du péché. C’est une grâce à demander. Seigneur, que je comprenne le mal que j’ai fait ou que je peux faire.

C’est un très grand don et une fois que l’on a compris cela, viennent les larmes du repentir.

L’un des premiers moines, Éphrem le Syrien affirme qu’un visage lavé par les larmes est indiciblement beau (cf. Discours ascétique).
La beauté du repentir, la beauté des pleurs, la beauté de la contrition !

Comme toujours, la vie chrétienne trouve sa meilleure expression dans la miséricorde de Dieu.
Celui qui pleure recevra la consolation de l’Esprit Saint, qui est la tendresse de Dieu qui pardonne et corrige. Dieu pardonne toujours : n’oublions pas cela. Dieu pardonne toujours, même les péchés les plus graves, toujours.
Le problème est en nous, car nous nous lassons de demander pardon, nous nous refermons sur nous-mêmes et ne demandons pas le pardon. C’est le problème ; mais lui, il est là pour pardonner.

Si nous gardons toujours présent à l’esprit que Dieu « ne nous traite pas selon nos péchés et ne nous rend pas selon nos fautes » (Ps 103, 10), nous vivons dans la miséricorde de Dieu et dans la compassion envers le prochain, et l’amour de Dieu apparaît en nous.
Que le Seigneur nous accorde d’aimer en abondance, d’aimer avec le sourire,  avec le service et aussi avec les larmes.
________________

04 mars, 2020

« Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage » (Mt 5,5).

.


« Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage » (Mt 5,5). 

Heureux ceux qui, dans les difficultés, s’abandonnent en Dieu, sans perdre la sérénité. La douceur attirante ou naturelle.

Texte adapté pour ce blog de l'audience du pape François du 19 février 2020
Chers frères et sœur, bonjour !
Dans la catéchèse de ce jour, nous abordons la troisième des huit béatitudes de l’Évangile de Matthieu : « Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage » (Mt 5,5).

Le terme « doux » employé ici veut dire littéralement aimable, bienveillant, gentil, sans violence.

La douceur se manifeste dans les moments de conflit. On voit que quelqu’un est « doux », aimable, lorsqu’il réagit gentiment devant une situation hostile.
Tout le monde semble doux quand la tranquillité règne, mais comment réagit-on « sous pression », si l’on est attaqué, offensé, agressé ?

Saint Paul rappelle « la douceur et la bonté du Christ » (2 Cor 10,1).
Et saint Pierre, à son tour, rappelle l’attitude de Jésus pendant la Passion : il ne répondait ni ne menaçait, parce qu’il s’abandonnait en Dieu le Père. Il « s’abandonnait à celui qui juge avec justice » (1 P 2,23).
La douceur de Jésus se voit nettement pendant sa Passion.

-----------------------------------------------------


Mais il y a un autre sens de la « douceur ». La douceur conquérante ou divine. La douceur qui va conquérir les cœurs des autres.

Pour comprendre cette douceur « divine » nous devons expliquer que dans l’Écriture, la parole « doux » indique également « celui qui n’a pas de propriétés foncières » c’est-à-dire, des propriétés reçues en héritage. Naturellement il sait qu’il est pauvre, qu’il n’a rien à défendre.

Eh bien, le paradoxe de la troisième béatitude se trouve dans le fait que ceux qui n’ont pas des terres vont recevoir une terre meilleure en héritage.
Une terre en héritage qu’ils ont mérité par sa douceur « conquérante ».
Quelle est cette terre à conquérir ?, : nous la découvrirons à la fin de notre exposé.

 

En réalité, cette béatitude reprend le psaume hébreu 37, (le psaume 36 de la liturgie actuelle) dont nous copions ici les versets qui nous concernent)

01 Ne t'indigne pas à la vue des méchants, n'envie pas les gens malhonnêtes ;
07 Repose-toi sur le Seigneur et compte sur lui. Ne t'indigne pas devant celui qui réussit, devant l'homme qui use d'intrigues.
08 Laisse ta colère, calme ta fièvre, ne t'indigne pas : il n'en viendrait que du mal ;
09 les méchants seront déracinés, mais qui espère le Seigneur possédera la terre.
11 Les doux posséderont la terre et jouiront d'une abondante paix.
16 Pour le juste, avoir peu de biens vaut mieux que la fortune des impies.
22 Ceux qu'il bénit posséderont la terre, ceux qu'il maudit seront déracinés.
29 Les justes posséderont la terre et toujours l'habiteront.

 

Dans ce psaume la douceur et la possession ou conquête de la terre sont mises en relation. Celui qui est vraiment doux, recevra le ciel. Le vrai doux va recevoir un héritage divin et va défendre les dons reçus du ciel.

Si l’on y réfléchit bien, douceur et possession semblent incompatibles. En effet, la possession de la terre est typiquement du domaine du conflit : on se bat souvent pour une parcelle, pour un territoire, pour obtenir l’hégémonie sur une zone particulière. Dans les guerres, le plus fort conquiert d’autres terres.

Mais regardons bien le verbe employé pour indiquer la possession des doux : on ne dit pas « heureux les doux, car ils conquerront la terre ». Ils la « recevront en héritage ».

Dans les Écritures, le verbe « recevoir en héritage » a un sens encore plus grand. Le peuple de Dieu appelle « héritage » précisément la terre d’Israël qui est la Terre de la Promesse.
Cette terre est une promesse et un don pour le peuple de Dieu, et elle devient le signe de quelque chose de beaucoup plus grand qu’un simple territoire.

Il y a une autre « terre », (permettez-moi de jouer sur les mots) qui est le ciel, c’est-à-dire la terre vers laquelle nous marchons : les nouveaux cieux et la nouvelle terre vers lesquels nous allons (cf. Is 65,17 ; 66,22 ; 2 P 3,13 ; Ap 21,1).
Alors le doux est celui qui « reçoit en héritage » le plus sublime des territoires. Ce n’est pas un lâche, un « mou », qui se trouve une morale de repli, <de timidité>, pour ne pas se compliquer la vie. C’est bien autre chose ! C’est une personne qui a reçu un héritage et ne veut pas le disperser.

Le doux n’est pas quelqu’un simplement « tolérant » mais c’est le disciple du Christ qui a appris à défendre une toute autre terre.
Il défend sa paix, il défend sa relation à Dieu, il défend  les dons de Dieu, en protégeant la miséricorde, la fraternité, la confiance et l’espérance.
Parce que les personnes douces sont des personnes miséricordieuses, fraternelles, confiantes et des personnes qui ont l’espérance.

--------------------------------------------------


La douceur rassemble, la colère sépare. La douceur conquiert la meilleure terre : les cœurs des autres.

Ici, nous devons mentionner le péché de colère, un mouvement violent dont nous connaissons tous l’ardeur de l’emportement. Qui ne s’est pas déjà mis en colère ?
Nous devons retourner la béatitude et nous poser une question : combien de choses avons-nous détruites par la colère ?
Combien de choses avons-nous perdues ?
Un moment de colère peut détruire beaucoup de choses ; on perd le contrôle et on n’évalue pas ce qui est vraiment important, et l’on peut ruiner la relation avec un frère, parfois de façon irrémédiable. À cause de la colère, tant de frères ne se parlent plus, s’éloignent l’un de l’autre. C’est le contraire de la douceur. La douceur rassemble, la colère sépare.
La douceur peut conquérir beaucoup de choses. La douceur est capable de gagner les coeurs, de sauver les amitiés et bien d’autres choses, parce que les personnes s’emportent mais ensuite elles se calment, elles y réfléchissent et font marche arrière, et ainsi on peut reconstruire par la douceur.
La « terre » à conquérir » par la douceur est le salut de ce frère dont parle l’Évangile de Matthieu : « S’il t’écoute, tu as gagné ton frère » (Mt 18,15). Il n’y a pas de plus belle terre que le coeur d’autrui, il n’y a pas de territoire plus beau à gagner que la paix retrouvée avec un frère. Et c’est là la terre à recevoir en héritage par la douceur !

« Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés » (Mt 5,6)

.

texte adapté de la catéchèse de François du 11 mars 2020

Chers frères et sœurs, bonjour !

Dans l’audience de ce jour, nous continuons de méditer la lumineuse voie du bonheur, que le Seigneur nous a confiée dans les Béatitudes, et nous arrivons à la quatrième : « Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés » (Mt 5,6).

Nous avons déjà rencontré la pauvreté de coeur et les pleurs ; maintenant, nous nous confrontons à une autre forme de faiblesse, qui est liée à la faim et la soif
La faim et la soif sont des besoins essentiels, ils concernent notre survie. Il faut le souligner : il ne s’agit pas ici d’un désir banal, mais d’une exigence vitale et quotidienne, comme la nourriture.


Mais que signifie avoir faim et soif de justice ?

Certes, nous ne parlons pas de ceux qui veulent la vengeance, au contraire, dans la béatitude précédente, nous avons parlé de douceur.
Il est certain que les injustices blessent l’humanité ; la société humaine a un besoin urgent d’équité, de vérité et de justice sociale ; souvenons-nous que le mal subi par les femmes et par les hommes dans le monde atteint le coeur de Dieu le Père. Quel père ne souffrirait pas de la douleur de ses enfants ?
Les Écritures parlent de la douleur des pauvres et des opprimés que Dieu connaît et partage. Dieu est descendu libérer son peuple car il a écouté le cri d’oppression élevé par les fils d’Israël, comme le raconte le livre de l’Exode (cf. 3,7-10).


Mais la faim et la soif de justice dont nous parle le Seigneur est encore plus profonde que le légitime besoin de justice humaine que tous les hommes portent dans leur coeur.

Dans le « discours sur la montagne », un peu plus loin, Jésus parle d’une justice plus grande que le droit humain ou la perfection personnelle, en disant : « Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux » (Mt 5,20).
Et c’est là la justice qui vient de Dieu (cf. 1 Co 1,30).


Dans les Écritures, nous voyons exprimée une soif plus profonde que la soif physique, qui est un désir mis à la racine de notre être.
Un psaume dit : « Dieu, tu es mon Dieu, je te cherche dès l’aube : mon âme a soif de toi ; après toi languit ma chair, terre aride, altérée, sans eau » (Ps 63,2).

Les Pères de l’Église parlent de cette inquiétude qui habite le coeur de l’homme. Saint Augustin dit : « Tu nous as faits pour toi, Seigneur, et notre coeur est sans repos tant qu’il ne repose en toi » (1). Il y a une soif intérieure, une faim intérieure, une inquiétude…

Dans tous les coeurs, jusque dans la personne la plus corrompue et loin du bien, est cachée une aspiration à la lumière, même si elle se trouve sous les décombres de mensonges et d’erreurs, mais il y a toujours la soif de la vérité et du bien, qui est la soif de Dieu.


C’est l’Esprit Saint qui suscite cette soif : c’est lui l’eau vive qui a façonné notre poussière, c’est lui le souffle créateur qui lui a donné vie.

C’est pourquoi l’Église est envoyée annoncer à tous la Parole de Dieu, imprégnée de l’Esprit Saint.
<Envoyée annoncer la sainteté>.
Parce que l’Évangile de Jésus-Christ est la plus grande justice <sainteté> que l’on puisse offrir au coeur de l’humanité, qui en a un besoin vital, même si elle ne s’en rend pas compte (2).

Par exemple, quand un homme et une femme se marient, ils ont l’intention de faire quelque chose de grand et de beau, et s’ils gardent vive cette soif, <la soif de sainteté>, ils trouveront toujours le chemin pour aller de l’avant, au milieu des problèmes, avec l’aide de la grâce.
Les jeunes aussi ont cette faim et il ne faut pas qu’ils la perdent !
Il est nécessaire de protéger et d’alimenter dans le coeur des enfants ce désir d’amour, de tendresse, d’accueil qu’ils expriment dans leurs élans sincères et lumineux.

Chaque personne est appelée à redécouvrir ce qui compte vraiment, de quoi elle a vraiment besoin, ce qui fait vivre bien et, en même temps, ce qui est secondaire, et dont on peut tranquillement se passer.


Dans cette béatitude (la faim et la soif de justice) Jésus annonce qu’il existe une soif qui ne sera pas déçue ; une soif qui, si elle est satisfaite, sera calmée et se terminera toujours bien, parce qu’elle nous fera entrer dans le coeur même de Dieu, de son Saint Esprit qui est amour.
Cette soif est la croissance de la semence que le Saint Esprit a semé dans nos coeurs.

Que le Seigneur nous donne cette grâce : d’avoir cette soif de justice <de sainteté> qui est précisément la volonté de le trouver, de voir Dieu, de l’laimer et de faire du bien aux autres.
____________________
(1) Les confessions, 1,1.5.
(2) Cf. Catéchisme de l’Église catholique, n. 2017: « La grâce de l’Esprit Saint nous confère la justice de Dieu. En nous unissant par le biais de la foi et le baptême à la passion et à la résurrection du Christ, l’Esprit nous rend participants de sa vie ».