Source : Catéchèse du Pape Benoît XVI (29 mars
2006)
Introduction
Quand on étudie l'Histoire de
l'Église, on risque parfois de la regarder uniquement comme une succession
d'événements politiques, de conciles ou de ruptures. Mais qu'est-ce que
l'Église, au fond ?
Aujourd'hui, nous allons voir que
l'Église n'est pas une simple organisation humaine ou un club de réflexion.
L'Église est avant tout un mystère de communion. C'est un don magnifique
que Dieu nous fait pour nous sortir de notre solitude et nous mener à la
sainteté.
Point 1 : La Communion vient de tout
haut (La source trinitaire)
« La grâce du Seigneur Jésus Christ,
l'amour de Dieu et la communion du Saint Esprit soient avec vous tous ! » (2 Co
13, 13)
- C'est quoi ? La communion dans l'Église ne commence pas par nos
efforts ou notre sympathie mutuelle. Elle prend sa source au cœur même de
Dieu : le Père, le Fils et l'Esprit Saint. Dieu n'est pas une solitude, Il
est une communion d'amour.
- Le lien historique : Saint Cyprien, un grand évêque
du IIIe siècle, disait déjà que l'Église est « un peuple qui tire son
unité de l'unité du Père, du Fils et de l'Esprit Saint ». À travers les
apôtres et leurs successeurs (les évêques), cette vie divine s'est
transmise à travers les siècles jusqu'à nous aujourd'hui.
- Pour notre vie et notre sainteté : Dans votre travail, dans votre
résidence ou votre cadre professionnel, souvenez-vous que vous ne vivez
pas votre foi de manière isolée. Vous êtes connectés à la vie même de
Dieu. Être saint, c'est laisser cette vie de la Trinité circuler en nous.
Point 2 : Deux dimensions
indissociables (Verticale et Horizontale)
« Si nous disons que nous sommes en
communion avec lui, alors que nous marchons dans les ténèbres... nous ne
faisons pas la vérité. » (1 Jn 1, 6)
- C'est quoi ? La communion chrétienne ressemble à une croix avec
deux axes :
- L'axe vertical : Notre relation personnelle avec Dieu (la prière,
les sacrements).
- L'axe horizontal : Notre relation avec les autres
(la charité, le soutien fraternel).
- Le lien essentiel : Benoît XVI insiste fortement :
ces deux dimensions sont inséparables. Si la communion avec Dieu se
détruit, la communion avec les autres s'effondre. Et inversement : si je
ne vis pas la communion avec mes frères et sœurs, ma prétention à être uni
à Dieu est une illusion.
- Pour notre vie et notre sainteté : La sainteté ne consiste pas à
être pieux à l'église et dur ou individualiste au bureau. Notre piété
— ce vrai « remède des remèdes » contre le dessèchement de l'âme — doit se
traduire par une bienveillance réelle envers nos collègues, nos voisins et
nos proches.
Point 3 : L'Eucharistie, le moteur de
l'Unité
« Le pain que nous rompons, n'est-il
pas communion au corps du Christ ? » (1 Co 10, 16)
- C'est quoi ? Comment cette communion se nourrit-elle au
quotidien ? Par l'Eucharistie. Quand nous recevons le Pain eucharistique,
Jésus ne vient pas seulement habiter dans mon cœur individuel : Il nous
unit tous ensemble à Lui et au Père dans l'Esprit Saint.
- Une anticipation du Ciel : L'Eucharistie crée un « réseau
d'unité » qui embrasse le monde. Elle nous donne un avant-goût du Ciel, où
toute l'humanité sera rassemblée dans la paix de Dieu.
- Pour notre vie et notre sainteté : La Messe n'est pas un devoir
formel. C'est le moment où nous recevons la force d'aimer. Quand vous
allez à la Messe, vous recevez le carburant nécessaire pour pardonner,
pour servir et pour construire l'unité là où la division règne.
Point 4 : Le remède à la solitude et
aux divisions
« La communion est la bonne nouvelle,
le remède qui nous a été donné contre la solitude... »
- C'est quoi ? Regardez autour de vous dans le monde professionnel
: l'individualisme, les rivalités, la solitude et les conflits sont
partout. Sans le don de l'Esprit Saint, l'humanité se divise
inévitablement.
- La réponse de l'Église : La communion ecclésiale est la «
bonne nouvelle ». Elle nous fait sortir de nos replis sur nous-mêmes. Elle
nous donne la certitude que nous sommes accueillis, aimés et soutenus au
sein d'un Peuple.
- Pour notre vie et notre sainteté : Devenir saint dans son milieu de
travail, c'est devenir un artisan de communion. C'est refuser les
commérages, apaiser les tensions, accueillir les personnes isolées et
apporter cette sérénité qui vient de la certitude d'être aimé de Dieu.
Point 5 : Jésus est notre contemporain
dans l'Église
« Dans l'Église, le Seigneur demeure
toujours notre contemporain. »
- C'est quoi ? L'Histoire de l'Église n'est pas l'étude d'un musée
du passé. Parce que l'Église est vivante et habitée par l'Esprit Saint,
Jésus n'est pas un personnage historique d'il y a 2000 ans : Il est notre
contemporain.
- Il nous parle aujourd'hui : Quand la parole de Dieu est
proclamée dans l'Église, ce n'est pas un texte ancien qu'on récite. C'est
le Seigneur qui parle aujourd'hui avec nous, qui nous indique le chemin de
la vie et nous donne sa paix.
- Pour notre vie et notre sainteté : Chaque jour, dans votre prière
et dans votre travail, vous pouvez dialoguer avec un Jésus vivant. La nouvelle
vie reçue au baptême se déploie jour après jour au cœur de nos
activités ordinaires.
Conclusion et Pistes d'action
Pour conclure cette conférence,
rappelons-nous que malgré nos fragilités humaines, l'Église reste une
merveilleuse création de l'amour de Dieu. Elle est le lieu où nous rencontrons
le Christ.
Trois questions concrètes à emporter
avec vous cette semaine :
- Dans ma prière : Est-ce que je demande à l'Esprit Saint de faire
grandir en moi ce don de la communion ?
- Au travail : Comment puis-je être un facteur d'unité et de paix
autour de moi, au lieu de participer aux divisions ?
- Dans les sacrements : Est-ce que je m'approche de
l'Eucharistie avec la conscience qu'elle me transforme pour mieux aimer
les autres ?








