LEÇON 58 : L’Empathie de l’Infirmière
1. LA SITUATION
Maman Kapinga vient d'apprendre qu'elle doit être opérée
demain. Elle est assise sur son lit, les yeux fixés au sol, et elle ne mange
pas son plateau. Julie,
l'élève infirmière, entre dans la chambre.
- Si
Julie reste indifférente, elle dira : « Maman, mangez vite, je dois
reprendre le plateau. »
- Si
Julie fait preuve de sympathie (elle souffre trop avec
elle), elle va s'asseoir et pleurer avec la patiente, oubliant de faire
ses autres soins.
- Si
Julie utilise l'empathie, elle s'approche, pose une main sur
l'épaule de la patiente et dit : « Je vois que vous êtes inquiète pour
demain. Voulez-vous
m'en parler ? »
2. THÈME
DE RÉFLEXION
L'empathie : comprendre la souffrance de l'autre sans se
laisser submerger par elle, pour mieux pouvoir soigner.
3. QUESTION À RÉPONDRE DANS LE CAHIER
Quelle est la différence entre "pleurer avec le
patient" et "comprendre pourquoi le patient pleure" ?
4. EXPLICATIONS DU PROFESSEUR
A. Qu'est-ce que l'empathie ?
L'empathie, c'est comme mettre les chaussures de l'autre
pour comprendre son chemin, tout en sachant que ce ne sont pas nos chaussures.
- C'est
la capacité de reconnaître l'émotion du patient (peur, colère,
tristesse).
- Ce
n'est pas un simple sentiment, c'est une décision du "cœur" (le
vouloir) de se rendre présent à l'autre. En comprenant ce que ressent le
patient, on peut mieux adapter nos paroles et nos gestes.
B. La juste distance : ne pas se noyer
L'infirmière doit rester un "pont" solide.
- Si
vous souffrez exactement comme le patient, vous devenez aussi faible que
lui. Vous ne pouvez
plus l'aider.
- L'empathie
permet de rester professionnelle : on comprend la douleur, mais on garde
la tête froide pour agir. C'est ce qui permet de rester sereine
même dans les situations difficiles. On ne prend pas le malheur du patient
sur ses propres épaules, on l'aide à le porter.
C. L'empathie se voit dans les petits gestes
L'empathie transforme la technique en un soin réel.
- Ce
n'est pas seulement faire un beau discours. C'est baisser le ton de sa
voix quand un patient a mal à la tête, c'est expliquer un soin avant de le
faire pour diminuer la peur, c'est remarquer qu'un patient a soif sans
qu'il le demande.
- C'est
cette attention qui crée une relation de confiance. Sans cette confiance,
le médicament soigne le corps, mais l'infirmière ne soigne pas la
personne.
5. TROIS
RÉSOLUTIONS PRATIQUES
- Observer
: Avant de parler à un patient, regarder son visage
et sa posture pour essayer de deviner son émotion (est-il calme, tendu,
triste ?).
- Valider
: Utiliser une phrase simple pour montrer que l'on a
compris : « Je vois que ce soin est difficile pour vous, on va y aller
doucement. »
- Se
ressourcer : À la fin de la journée, confier à Dieu toutes les
émotions reçues pour garder un cœur frais et disponible pour le lendemain
(prière de l'infirmière).












