10. Saint Jean (et III) :
Le voyant de l’Apocalypse.
Source :
Catéchèse du Pape Benoît XVI (23 août 2006) et Scott Hahn (Le festin de l’Agneau.
Le livre « Le Festin de l'Agneau » (The Lamb's Supper) du théologien Scott Hahn met en lumière un lien fondamental : le livre de l'Apocalypse est profondément liturgique et trouve sa clé d'explication dans la Messe et l'Eucharistie.
Scott Hahn raconte souvent que c'est en assistant à la Messe catholique qu'il a enfin compris la structure de l'Apocalypse :
l'autel,
l'Agneau,
le livre des scellés (la Liturgie de la Parole),
les cantiques des anges (le Sanctus),
les calices et le banquet
des Noces (la Liturgie eucharistique).
Saint Jean et
l'Apocalypse : Le Festin de l'Agneau et la Messe au quotidien
Introduction
Après avoir médité sur la vie de saint Jean et
le cœur de son Évangile — l'annonce que « Dieu est Amour » —, nous découvrons
aujourd'hui saint Jean, le Voyant de Patmos, l'auteur de l'Apocalypse.
Le mot grec Apocalypse
signifie « Révélation » ou « Dévoilement ». Trop souvent, on
imagine ce livre comme la description effrayante de catastrophes futures. En
réalité, le théologien Scott Hahn, dans son célèbre livre Le Festin de
l'Agneau, nous révèle une clé de lecture lumineuse : l'Apocalypse est
une révélation de la Messe eucharistique.
Lorsque saint Jean
reçoit ses visions le « jour du Seigneur » (le dimanche), il contemple la
liturgie du Ciel. Et cette liturgie du Ciel est exactement la même que celle
que nous célébrons sur terre à chaque Messe. L'Apocalypse nous dévoile que la
Messe n'est pas une simple réunion humaine, mais le « Festin de l'Agneau », le
lieu où le Ciel touche la Terre pour nous donner la force de traverser toutes
nos épreuves.
Point 1 : L'Agneau
debout
- La vision de
l'Apocalypse : Saint Jean voit un Agneau égorgé, portant les marques
de sa passion, mais qui se tient debout au centre du Trône de Dieu
(Ap 5, 6). Il est mort et vivant, victorieux du mal et de la mort.
- La clé eucharistique
(Scott Hahn) : Pourquoi Jésus est-il représenté comme un Agneau dans
une vision céleste ? Parce que c'est le langage de la Pâque et de
l'Eucharistie. À chaque Messe, le prêtre élève l'hostie consacrée en
disant : « Voici l'Agneau de Dieu, voici celui qui enlève les péchés du
monde. Heureux les invités au repas des noces de l'Agneau ! »
- Le sens de notre
souffrance : Dans ce monde, le bien semble parfois faible face aux
injustices ou aux persécutions. Mais l'Agneau debout nous montre que le
sacrifice de Jésus n'est pas un échec : sa mort a donné la vie éternelle,
et sa résurrection garantit notre victoire.
Point 2 : Le Livre
des scellés et le déroulement de la Messe
- Jean voit un livre fermé
par sept sceaux et pleure parce que personne ne peut l'ouvrir (Ap 5, 4).
L'histoire humaine semble incompréhensible et obscure face au mal et au
silence de Dieu.
- L'Agneau ouvre le livre
: Seul l'Agneau immolé est digne d'ouvrir les sceaux et de révéler le
sens de la vie.
- La structure de la Messe
(Scott Hahn) : Scott Hahn souligne que la première partie de
l'Apocalypse reproduit la Liturgie de la Parole : Les lettres aux
sept Églises (Ap 2-3) constituent un examen de conscience et un appel au
repentir (comme le Acte de pénitence au début de la Messe).
L'ouverture du livre
par l'Agneau est la proclamation de la Parole de Dieu, qui seule donne du sens
à nos histoires personnelles et professionnelles.
- Pour trouver la sérénité face aux
doutes et aux incertitudes du quotidien, nous avons besoin de la lumière
des Écritures. Écouter la Parole de Dieu à la Messe avec attention, c'est
recevoir la boussole divine pour orienter nos choix professionnels et
moraux.
Point 3 : La Femme,
l'Église et la protection divine dans la bataille
- Le combat de la Femme et
du Dragon : Jean contemple une Femme enceinte prête à accoucher,
attaquée par un Dragon monstrueux (Ap 12). Cette Femme représente à la
fois la Vierge Marie et l'Église.
- La dimension liturgique
: L'Église apparaît fragile, sans armée humaine. Pourtant, le Dragon
ne peut pas la détruire. Pourquoi ? Parce qu'elle est nourrie par Dieu au
désert. Cette nourriture, c'est le Pain de Vie, l'Eucharistie.
- Le combat spirituel au
quotidien : Le chrétien engagé dans le monde professionnel mène un
combat invisible contre les tentations de l'égoïsme, de la corruption ou
du découragement.
Point 4 : Les Noces
de l'Agneau — La Messe comme Ciel sur la Terre
- La vision de la cité
céleste : L'Apocalypse culmine avec la vision de la Nouvelle
Jérusalem, l'Épouse resplendissante du Christ, où Dieu essuie toute larme
des yeux des hommes (Ap 21, 4).
- Le Banquet nuptial
(Scott Hahn) : L'Apocalypse ne décrit pas seulement ce qui arrivera à
la fin des temps ; elle décrit ce qui se passe à chaque Messe.
C'est le « Festin des Noces de l'Agneau » (Ap 19, 9). Quand nous
participons à l'Eucharistie, nous franchissons le seuil du Ciel : nous
nous unissons aux anges et aux saints pour chanter le Sanctus («
Saint, Saint, Saint le Seigneur... », chant directement tiré de
l'Apocalypse).
- La vraie joie chrétienne
: La souffrance et la fatigue de notre semaine ne sont qu'un passage.
La fin de l'histoire, c'est le banquet, la fête et la joie éternelle avec
Dieu.
- Pour notre sainteté au
quotidien : Cette perspective transforme notre participation à la
Messe. La Messe n'est pas une obligation lourde, mais une invitation au
banquet du Roi. Y participer nous donne un élan de joie et un enthousiasme
contagieux qui rayonnent dans notre travail et dans nos relations avec nos
collègues.
Point 5 : « Marana
tha ! » — L'appel eucharistique au quotidien
- La prière finale :
Le Voyant de Patmos conclut l'Apocalypse par ce cri vibrant : « Viens,
Seigneur Jésus ! » (Ap 22, 20), en araméen Marana tha.
- Les trois sens de cet
appel (Benoît XVI & Scott Hahn) :
Attente du retour de Jésus : Nous demandons le renouvellement du monde
et la victoire définitive du bien.
- Présence eucharistique
: C'est une prière eucharistique : « Viens maintenant, Jésus, sur
l'autel et dans nos cœurs ! » Scott Hahn rappelle que chaque Épiclese
(lorsque le prêtre invoque l'Esprit Saint sur le pain et le vin) est la
réalisation de ce Marana tha.
Grâce à saint Jean et
à l'intuition de Scott Hahn dans Le Festin de l'Agneau, l'Apocalypse
devient pour nous un livre proche et lumineux : chaque Messe est une fenêtre
ouverte sur le Ciel.
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