08 septembre, 2026

Histoire de l'Église. Leçon 5. Saint André


 

Introduction


Frère de Simon-Pierre, il est un Apôtre au cœur ardent, un homme de foi profonde et un guide précieux pour notre vie spirituelle. Nous allons suivre son parcours à travers cinq grands points simples et accessibles.

1. André, le premier appelé

La première chose qui frappe chez André est son nom. Ce n'est pas un nom juif, mais un nom grec. Cela montre une certaine ouverture culturelle chez les siens. Nous sommes en Galilée, une région où la culture et la langue grecques sont bien présentes.

Dans la liste des Apôtres, André occupe une place importante : la deuxième ou la quatrième place selon les Évangiles. Il bénéficiait d'un grand respect parmi les premiers chrétiens. Le lien de sang entre Pierre et André est très fort. Jésus les appelle ensemble alors qu'ils jettent leurs filets dans le lac de Galilée : « Venez derrière moi, et je vous ferai pêcheurs d'hommes » (Mt 4, 19).

L'Évangile de Jean nous révèle un détail essentiel : avant de suivre Jésus, André était disciple de Jean-Baptiste. C'était un homme qui cherchait la vérité, un homme de foi qui partageait l'espérance d'Israël. Dès que Jean-Baptiste désigne Jésus comme « l'Agneau de Dieu », André se met en marche et suit Jésus. Il passe toute une journée avec Lui dans une grande intimité.

Aussitôt après cette rencontre, André court trouver son frère Simon pour lui dire : « Nous avons trouvé le Messie ». Et il l'amène à Jésus. Il fait preuve d'un esprit apostolique immédiat. Parce qu'il a été le tout premier à suivre le Seigneur, la tradition liturgique byzantine le nomme Protóklitos, ce qui signifie « le premier appelé ». C'est en raison de cette fraternité entre Pierre et André que l'Église de Rome et l'Église de Constantinople se reconnaissent comme des Églises sœurs. En 1964, le pape Paul VI a d'ailleurs restitué ses reliques à la ville de Patras en Grèce pour manifester cette belle union.

2. Le réalisme d'André : la multiplication des pains

Les Évangiles nous montrent André dans trois autres situations bien particulières. La première est le miracle de la multiplication des pains. Une grande foule entoure Jésus et la nourriture manque.

C'est André qui remarque un jeune garçon qui possède cinq pains d'orge et deux poissons. Il présente ce repas à Jésus tout en mesurant la réalité de la situation : c'est bien peu de chose pour autant de monde.

Ici, André fait preuve d'un grand réalisme. Il ne cache pas la faiblesse de ce qu'il apporte, mais il choisit quand même de tout remettre entre les mains du Seigneur. Il nous apprend à poser de petits gestes de confiance, même si nos moyens nous semblent dérisoires.

3. Le courage d'interroger Jésus : la fin des temps

La deuxième occasion se déroule à Jérusalem. Alors que les disciples admirent la puissance des murs du Temple, Jésus annonce une chose surprenante : il ne restera pas pierre sur pierre de ces grandes constructions.

André, accompagné de Pierre, Jacques et Jean, s'approche alors de Jésus pour lui poser une question directe : « Dis-nous quand cela arrivera ».

En réponse, Jésus donne un grand enseignement sur la vigilance et l'attention aux signes des temps. L'attitude d'André nous montre que nous ne devons jamais avoir peur de poser nos questions à Jésus dans la prière. Mais nous devons aussi être prêts à recevoir ses réponses, même lorsqu'elles nous dérangent ou nous demandent un effort de foi.

4. L'apôtre des Grecs : le grain de blé qui meurt

La troisième initiative d'André a lieu juste avant la Passion. Des Grecsvenus adorer Dieu à Jérusalem souhaitent rencontrer Jésus. Ils s'adressent à Philippe et à André, les deux Apôtres aux noms grecs, pour servir d'intermédiaires.

Jésus donne alors une réponse mystérieuse mais profonde : « Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s'il meurt, il donne beaucoup de fruit » (Jn 12, 24).

Jésus annonce par là que sa rencontre avec le monde grec et avec l'humanité entière se réalisera à travers sa mort et sa résurrection. Sa Croix deviendra une source de vie et de lumière pour toutes les nations. André est ainsi le pont entre Jésus et la culture grecque. Après la Pentecôte, il deviendra l'Apôtre du monde grec, tandis que son frère Pierre portera sa mission jusqu'à Rome.

5. La Croix et le sens de la souffrance

Selon la tradition, André a achevé sa vie en donnant le plus grand des témoignages à Patras, en Grèce, où il a été crucifié. Il a demandé à être suspendu sur une croix en forme de X, appelée aujourd'hui « croix de saint André », se jugeant indigne d'être crucifié exactement comme son Maître.

Un texte ancien rapporte ses paroles magnifiques lorsqu'il contemple sa croix : « Je te salue, ô Croix... Avec assurance et rempli de joie, je viens à toi, pour que tu me reçoives comme le disciple de celui qui fut suspendu à toi ».

Pour saint André, la croix n'est pas simplement un instrument de douleur, mais le moyen suprême de s'unir à Jésus-Christ. Cela nous offre une leçon spirituelle essentielle : nos propres épreuves et nos souffrances quotidiennes prennent toute leur valeur lorsque nous les unissons à la Croix de Jésus. C'est dans sa lumière qu'elles trouvent leur sens ultime.

Conclusion

Que l'exemple de saint André nous aide à répondre avec rapidité à l'appel de Dieu, à partager notre foi avec enthousiasme autour de nous, et à garder une relation simple, directe et confiante avec le Seigneur Jésus.

Quelles sont les qualités de saint André qui vous touchent le plus pour votre propre vie spirituelle ?

02 septembre, 2026

Audience de Léon XIV. 2 septembre 2026. Gaudium et spes 1

 


LÉON XIV

AUDIENCE GÉNÉRALE

Mercredi 2 septembre 2026

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Catéchèse. Les Documents du Concile Vatican II 

IV. La Constitution Pastorale Gaudium et spes (GS 1-10)

1. L'Église à l'écoute et au service du monde

Chers frères et sœurs, bonjour et bienvenue!

Nous entamons aujourd’hui une réflexion sur la Constitution pastorale Gaudium et spes, par laquelle le Concile Vatican II a souhaité approfondir un thème fondamental, à savoir la relation de l’Église avec le monde contemporain.

Saint Jean XXIII, dès son discours inaugural du 11 octobre 1962, avait tenu à se démarquer des « prophètes de malheur » qui, « bien qu’animés d’un zèle religieux […] ne cessent de répéter que notre époque, comparée aux siècles passés, est bien pire ; et vont jusqu’à se comporter comme s’ils n’avaient rien à apprendre de l’histoire » (Discours Gaudet Mater Ecclesia, 11 octobre 1962, 4.2).

D’où la tâche confiée aux Pères conciliaires : « Dans l’état actuel des événements humains, où l’humanité semble entrer dans un nouvel ordre des choses, il faut plutôt y voir les desseins mystérieux de la Divine Providence, qui se réalisent au fil du temps par l’œuvre des hommes, et souvent au-delà de leurs attentes, et qui, dans sa sagesse, dispose de tout, même des événements humains défavorables, pour le bien de l’Église » (Gaudet Mater Ecclesia, 4.4).

Trois ans plus tard, la promulgation de Gaudium et spes reconnaissait dans ce discernement un élément essentiel de la nature de l’Église, décrivant son caractère pastoral comme constitutif : d’où la définition de “Constitution pastorale”.

 Il ne s’agit pas d’un optimisme naïf, mais d’une fidélité renouvelée au Mystère du Christ qui, en s’incarnant, choisit de partager notre vie : il s’est rendu « en tout semblable à ses frères » ( 2, 17 ; cf. 4, 15) et a pris sur lui les conséquences du péché, mourant « en rançon pour tous » (1Tm 2, 6). Ce partage avec l’humanité est la voie que le Christ demande à l’Église ; c’est pourquoi la Constitution conciliaire Gaudium et Spes s’ouvre en déclarant que l’Église fait siennes « les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent » (GS 1).

C’est un partage qui nous appelle à sortir de toute passivité et indifférence face aux événements qui se produisent, à l’histoire et à la vie des personnes, surtout face au changement rapide et profond que nous vivons aujourd’hui. Il n’est pas possible de rester des spectateurs désintéressés ; il faut au contraire écouter avec le cœur, se laisser interpeller, s’impliquer.

Avec le Christ et soutenus par la force de son Esprit, les croyants sont appelés à prendre en charge les difficultés de leurs frères et sœurs, en particulier celles et ceux qui sont écrasés par l’injustice, la discrimination et la violence. En effet, ce n’est que par le partage et l’engagement qu’il est possible de parvenir à des réponses adéquates, toujours soutenues par la certitude « qu’il n’y a pas de commune mesure entre les souffrances du temps présent et la gloire qui va être révélée pour nous »(Rm 8, 18).

En ce sens, la proximité avec l’humanité ouvre la voie à une lecture plus profonde des événements et de la Révélation elle-même ; dans cette même perspective, Gaudium et Spes rappelle le « devoir, à tout moment, de scruter les signes des temps et de les interpréter à la lumière de l’Évangile » (GS 4).

Cette constitution conciliaire a donc appelé l’Église à un engagement permanent de conversion, afin de témoigner qu’elle n’est mue par « aucune ambition terrestre », mais qu’elle « ne vise qu’un seul but : continuer, sous l’impulsion de l’Esprit consolateur, l’œuvre même du Christ, venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité, pour sauver, non pour condamner, pour servir, non pour être servi » (GS 3). Il ne s’agit pas, en effet, d’une disposition purement morale. Le pape François nous a rappelé que, pour l’Église, « l’option pour les pauvres est une catégorie théologique avant d’être culturelle, sociologique, politique ou philosophique. […] Nous sommes appelés à découvrir le Christ en eux, à prêter notre voix à leurs causes, mais aussi à être leurs amis, à les écouter, à les comprendre et à accueillir la mystérieuse sagesse que Dieu veut nous communiquer à travers eux » (Exhort. apost. Evangelii gaudium, 198).

Le partage chrétien nous engage à prendre en charge la réalité et aussi à mettre à nu les contradictions qui caractérisent la vie personnelle et sociale du monde contemporain : par exemple, un progrès scientifique et technologique qui offre sans cesse de nouvelles possibilités, mais uniquement à certains, et que l’être humain ne parvient pas toujours à mettre « à son service » ; ou une connaissance plus claire des « lois de la vie sociale », accompagnée toutefois d’incertitudes « quant à la direction à lui donner » ; ou encore, une plus grande disponibilité de « richesses, de possibilités et de puissance économique », qui, malheureusement, aujourd’hui comme à l’époque du Concile, laisse « une grande partie des habitants de la planète […] encore en proie à la faim et à la misère » (GS 4) ; ou encore, une prise de conscience partagée que l’avenir de la planète est en jeu et, en même temps, l’incapacité à renoncer à la consommation égoïste et à l’illusion selon laquelle la guerre serait un moyen efficace de construire la paix.

À une époque marquée par de profonds changements, d’où découlent des déséquilibres préoccupants, l’Église est appelée à servir l’être humain, en écoutant et en accueillant les interrogations les plus profondes de son cœur et les aspirations qui l’habitent, en désignant en Christ « la clé, le centre et la fin de toute l’histoire humaine » (GS 10). C’est pourquoi, dans l’Église, à tous les niveaux et à toutes les époques, doit se réaliser la kénose miséricordieuse du Christ qui « ayant la condition de Dieu, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur, […] devenant obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix » (Ph 2, 6-8).

 

 

01 septembre, 2026

Histoire de l'Église : Pierre

 


4ème cours : Kemi 1er septembre 2026. Catéchèse de. Benoit XVI : saint Pierre

1. Pierre a une place très particulière dans les Évangiles.

 

L'évangéliste Jean, racontant la première rencontre de Jésus avec Simon, frère d'André, souligne un fait singulier: Jésus, « posa son regard sur lui et dit: ‘Tu es Simon, fils de Jean; tu t'appelleras Képha’ (ce qui veut dire: pierre) » (Jn 1, 42).

 

Jésus n'avait pas l'habitude de changer le nom de ses disciples: à l'exception de la dénomination de « fils du tonnerre », adressée dans une circonstance précise aux fils de Zébédée (cf. Mc 3, 17) et qui ne fut plus utilisée par la suite, Il n'a jamais attribué un nouveau nom à l'un de ses disciples. Il l'a fait en revanche avec Simon, l'appelant Képha, un nom qui fut ensuite traduit en grec Petros, en latin Petrus, et il fut traduit précisément parce qu'il ne s'agissait pas seulement d'un nom; c'était un « mandat », que Petrus recevait de cette façon du Seigneur. Le nouveau nom Petrus reviendra plusieurs fois dans les Evangiles et finira par supplanter le nom originel de Simon.

 

Cette information acquiert une importance particulière si l'on tient compte du fait que, dans l'Ancien Testament, le changement du nom préfigurait en général une mission qui était confiée (cf. Gn 17, 5; 32, 28sq. etc.). De fait, la volonté du Christ d'attribuer à Pierre une importance particulière au sein du Collège apostolique ressort de nombreux indices : à Capharnaüm, le Maître va loger dans la maison de Pierre (Mc 1, 29) ; lorsque la foule se presse autour de lui sur les rives du lac de Génésareth, entre les deux barques qui y sont amarrées, Jésus choisit celle de Simon (Lc 5, 3); lorsque, dans des circonstances particulières, Jésus ne se fait accompagner que par trois disciples, Pierre est toujours rappelé comme le premier du groupe: c'est le cas lors de la résurrection de la fille de Jaïre (cf. Mc 5, 37; Lc 8, 51), de la Transfiguration (cf. Mc 9, 2; Mt 17, 1; Lc 9, 28) et enfin, au cours de l'agonie dans le Jardin du Gethsémani (cf. Mc 14, 33; Mt 16, 37).

 

Et encore: c'est à Pierre que s'adressent les percepteurs de la taxe du Temple, et le Maître paie pour lui-même et pour Pierre uniquement (cf. Mt 17, 24-27); c'est à Pierre qu'Il lave les pieds en premier lors de la Dernière Cène (cf. Jn 13, 6) et c'est seulement pour lui qu'il prie afin que sa foi ne défaille pas et qu'il puisse ensuite confirmer les autres disciples dans la foi (cf. Lc 22, 30-31).

 

Du reste, Pierre lui-même est conscient de sa position particulière: c'est lui qui souvent, également au nom des autres, parle en demandant l'explication d'une parabole difficile (Mt 15, 15), ou le sens exact d'un précepte (Mt 18, 21), ou bien encore la promesse formelle d'une récompense (Mt 19, 27).

C'est lui en particulier qui résout certaines situations embarrassantes en intervenant au nom de tous. Ainsi, lorsque Jésus, attristé en raison de l'incompréhension de la foule après le discours sur le « pain de vie», demande: « Voulez-vous partir vous aussi ? », Pierre répond fermement : « Seigneur, vers qui pourrions-nous aller? Tu as les paroles de la vie éternelle » (cf. Jn 6, 67-69).

C'est également avec décision qu'il prononce la profession de foi, encore au nom des Douze, dans les environs de Césarée de Philippe. A Jésus qui demande: « Et vous, que dites-vous? Pour vous, qui suis-je? », Pierre répond: « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant! » (Mt 16, 15-16).

 

2. Le rôle de Pierre dans l'Église est déclaré par Jésus : le primat de juridiction, le gardien de la communion avec le Christ.

Pierre répond: « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant! » Et Jésus prononce alors la déclaration solennelle qui définit, une fois pour toutes, le rôle de Pierre dans l'Eglise: « Et moi, je te le déclare: Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise... Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux: tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux » (Mt 16, 18-19).

 

Les trois métaphores auxquelles Jésus a recours sont en soi très claires:

a) Pierre sera le fondement rocheux sur lequel reposera l'édifice de l'Eglise;

b) il aura les clefs du Royaume des cieux pour ouvrir ou fermer à qui lui semblera juste;

c) enfin, il pourra lier ou délier, au sens où il pourra établir ou interdire ce qu'il considérera nécessaire pour la vie de l'Eglise, qui est et qui demeure l'Église du Christ. Elle est toujours l'Eglise du Christ, et non de Pierre. C'est ainsi qu'est décrit par des images d'une évidence plastique ce que la réflexion successive qualifiera du terme de « primat de juridiction ».

 

Cette position de prééminence que Jésus a voulu conférer à Pierre se retrouve également après la résurrection: Jésus charge les femmes d'en porter l'annonce à Pierre, de manière distincte par rapport aux autres Apôtres (cf. Mc 16, 7); c'est à lui et à Jean que s'adresse Marie-Madeleine pour informer que la pierre a été déplacée devant l'entrée du sépulcre (cf. Jn 20, 2) et Jean lui cèdera le pas lorsque tous deux arriveront devant la tombe vide (cf. Jn 20, 4-6); ce sera ensuite Pierre, le premier des Apôtres à être témoin d'une apparition du Ressuscité (cf. Lc 24, 34; 1 Co 15, 5).

 

Son rôle, clairement souligné (cf. Jn 20, 3-10), marque la continuité entre la prééminence qu'il a eue dans le groupe apostolique et la prééminence qu'il continuera à avoir au sein de la communauté née avec les événements pascals, comme l'atteste le livre des Actes des Apôtres (cf. 1, 15-26; 2, 14-40; 3, 12-26; 4, 8-12; 5, 1-11.29; 8, 14-17; 10; etc.).

 

Son comportement est considéré si décisif qu'il est au centre de remarques et également de critiques (cf. Ac 11, 1-18; Ga 2, 11-14). Au Concile dit de Jérusalem, Pierre joue un rôle de direction (cf. Ac 15 et Ga 2, 1-10), et c'est précisément parce qu'il est un témoin de la foi authentique que Paul lui-même reconnaîtra en lui une certaine qualité de « premier » (cf. 1 Co 15, 5; Ga 1, 18; 2, 7sq.; etc.).

 

3. Le ministère de Pierre est l'un des éléments constitutifs de l'Église

L'Eglise qui naît du mémorial pascal célébré dans l'Eucharistie, où le Christ confère à Pierre le ministère de confirmer ses frères (cf. Lc 22, 31sq) trouve dans le ministère confié à Pierre l'un de ses éléments constitutifs.

 

Le fait que le Primat de Pierre soit inséré dans le contexte de la Dernière Cène, au moment de l'institution de l'Eucharistie, Pâque du Seigneur, indique également le sens ultime de ce Primat : Pierre, en tout temps, doit être le gardien de la communion avec le Christ ; il doit guider vers la communion avec le Christ; il doit prendre garde à ce que la chaîne ne se brise pas et que puisse ainsi perdurer la communion universelle.

 

Ce n'est qu'ensemble que nous pouvons être avec le Christ, qui est le Seigneur de tous. La responsabilité de Pierre est de garantir ainsi la communion avec le Christ à travers la charité du Christ.

 

Prions afin que le Primat de Pierre, confié aux pauvres personnes humaines, puisse toujours être exercé dans ce sens originel voulu par le Seigneur et puisse ainsi être toujours davantage reconnu dans sa véritable signification par nos frères qui ne sont pas encore en pleine communion avec nous.

 

30 août, 2026

7 leçons de saint Josémaria. 1. Sanctifier la routine



Leçon 1 : Sanctifier la routine


La routine te fatigue ? 

Tu as l'impression de répéter toujours les mêmes gestes ennuyeux et vides de sens ? 

Saint Josémaria voyait les choses tout autrement : pour lui, c'est justement dans les choses les plus ordinaires du quotidien que Dieu aime se cacher. 


Voici **5 idées clés** pour transformer tes journées sans changer d'emploi du temps, avec des défis très simples à tester dès aujourd'hui.


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#### 1. Dieu ne se cache pas dans les nuages, il t'attend là où tu es.

Souvent, on s'imagine que pour trouver Dieu, il faut faire des choses extraordinaires, vivre des expériences mystiques incroyables ou s'isoler du monde. 

Mais saint Josémaria nous rappelle que la vie spirituelle n'est pas séparée de notre vie de tous les jours. Dieu ne te demande pas de fuir ta réalité, mais de la vivre à fond avec lui. 

Sa question silencieuse pour toi est simplement : **« Où es-tu maintenant ? »**. 

Car c’est exactement là qu'il veut te rencontrer.

*   **Le défi pratique :** Au lieu de rêver à un moment spirituel parfait dans le futur, réalise que Dieu t'attend là maintenant : dans ta chambre, devant tes cours, ou dans les transports. 


#### 2. Change d'intention : fais-le par amour

La routine sans amour est lourde, mais dès que tu y mets de l'amour, elle devient légère et se transforme en une mélodie divine. 

Ce qui compte pour Dieu, ce n'est pas la grandeur de ce que tu fais, mais l'amour que tu y mets. Tu n'as pas besoin de faire de longs discours pour prier : tes études ou ton travail bien faits deviennent une vraie prière silencieuse quand tu les offres.

*   **Le défi pratique :** Quand tu te prépares un café, que tu laves une assiette ou que tu commences à réviser un cours difficile, prends deux secondes pour dire dans ton cœur : *« Seigneur, je fais ça pour toi »*. Cette simple pensée transforme une tâche banale en or.


#### 3. Désactive le "mode robot" (l'automatisme)

Le grand danger de nos journées, c'est de faire les choses par pure habitude, de manière mécanique, la tête ailleurs (souvent sur les réseaux sociaux). 

Saint Josémaria prévenait que cet automatisme « tue l'amour ». Le problème n'est pas de répéter les mêmes actions, mais de les faire sans y mettre ton âme.

*   **Le défi pratique :** Quand tu ranges tes affaires, que tu écris un message ou que tu fais ton lit, ne le fais pas à moitié ou à la va-vite. Concentre-toi à 100% sur ce que tu es en train de faire. C'est ce que saint Josémaria résumait ainsi : *« Fais ce que tu dois et sois à ce que tu fais »*.


#### 4. Le super-pouvoir des petits détails

La vraie sainteté ne grandit pas dans des exploits spectaculaires, mais dans la fidélité aux petites choses de chaque jour. 

Un petit sacrifice caché, un sourire quand tu es fatigué, ou un peu de patience avec une personne difficile ont une valeur immense aux yeux de Dieu. C'est dans ces détails invisibles que l'amour se montre concret.

*   **Le défi pratique :** Ne laisse pas traîner tes affaires, remets discrètement en place un objet qui traîne sans que personne ne te voie, ou retiens une remarque désagréable quand tu es de mauvaise humeur. Personne ne le remarquera, mais Dieu l'aura vu.


#### 5. Remplace tes plaintes par un "merci"

Il est très facile de râler pour un oui ou pour un non : les embouteillages, la fatigue, un retard, ou une tâche ennuyeuse. 

Pourtant, la gratitude change complètement notre regard sur la journée. Dire merci, même au milieu de la monotonie ou des petites galères, redonne de la joie et de la paix à ton cœur.

*   **Le défi pratique :** La prochaine fois que ton bus est en retard ou que ta connexion internet coupe au mauvais moment, refuse de t'énerver. 

Respire un grand coup et chuchote : *« Merci Seigneur pour cette petite contrariété, je te l'offre »*.


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26 août, 2026

Audience Léon XIV. 26 août 2026. Les raisons de la reforme liturgique.

 


AUDIENCE GÉNÉRALE

Basilique Saint-Pierre
Mercredi 26 août 2026
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Catéchèse. Les Documents du Concile Vatican II

III. La Constitution dogmatique Sacrosantum Concilium

8. Les raisons de la réforme liturgique

Chers frères et sœurs,

Dans cette dernière catéchèse sur la Constitution Sacrosanctum Concilium, je voudrais m’arrêter sur les raisons pour lesquelles les Pères conciliaires ont voulu promouvoir une réforme de la liturgie.

À cet égard, la troisième Lettre du Concile que le cardinal Giovanni Battista Montini, alors archevêque de Milan, a adressée le 28 octobre 1962 aux fidèles de son Église est très éclairante. La liturgie – écrivait-il – « est l’expression sincère tant du divin que de l’humain. C’est un langage. C’est, d’une part, un vecteur d’enseignement divin, et, d’autre part, la voix d’un dialogue avec Dieu. Il est clair qu’elle ne peut renoncer à sa fonction didactique, et qu’elle ne peut manquer d’offrir à la foi et à la piété la possibilité de s’exprimer avec une intelligibilité spontanée » [1] . Animé par ces convictions, le futur pape saint Paul VI affirmait que les fidèles « ne peuvent et ne doivent plus rester muets et passifs. Leur présence matérielle ne peut s’accorder avec leur absence spirituelle ». [2]

La concordance entre ces déclarations et celles qui figureront au n°48 de la Constitution conciliaire est évidente : « l’Église se soucie-t-elle d’obtenir que les fidèles n’assistent pas à ce mystère de la foi comme des spectateurs étrangers et muets, mais que, le comprenant bien dans ses rites et ses prières, ils participent de façon consciente, pieuse et active à l’action sacrée, soient formés par la Parole de Dieu, se restaurent à la table du Corps du Seigneur, rendent grâces à Dieu ; qu’offrant la victime sans tache, non seulement par les mains du prêtre, mais aussi en union avec lui, ils apprennent à s’offrir eux-mêmes et, de jour en jour, soient consommés, par la médiation du Christ, dans l’unité avec Dieu et entre eux ».

On perçoit dans ces paroles une prise de conscience renouvelée de la valeur de la liturgie. À travers les actions rituelles de l’Église, tandis que s’accomplit le mémorial de l’œuvre du salut, la possibilité est donnée de vivre la véritable relation avec Dieu, en entrant en contact avec l’événement salvifique. Puisque les gestes et les paroles de la sainte liturgie sont décisifs pour réaliser cette expérience, la participation des fidèles ne peut être passive.

La réforme conciliaire, en mettant au centre ce qui constitue le cœur de l’expérience ecclésiale, a voulu faire resplendir la liturgie comme « la source première de cet échange divin par lequel la vie de Dieu nous est communiquée » [3] . De cette conviction est née la nécessité de rendre la richesse des textes bibliques et des prières, plus accessible à tous les fidèles, et de simplifier l’ordre de la célébration par rapport à celui prévu dans les livres liturgiques alors en vigueur.

La liturgie, en effet, étant une réalité vivante, a toujours été soumise, au fil des siècles, à des évolutions et à des changements. Le Magistère en a adapté les formes aux exigences des différentes époques. Il n’est donc pas surprenant que le Concile Vatican II, dans le plus grand respect du patrimoine de la tradition, et précisément afin de le rendre plus accessible, ait jugé nécessaire une révision des livres liturgiques.

L’objectif qui tenait à cœur aux Pères est énoncé au n° 21 de la Constitution Sacrosanctum Concilium : « Pour que le peuple chrétien bénéficie plus sûrement des grâces abondantes dans la liturgie, la sainte Mère l’Église veut travailler sérieusement à la restauration générale de la liturgie elle-même.

Car celle-ci comporte une partie immuable, celle qui est d’institution divine, et des parties sujettes au changement qui peuvent varier au cours des âges ou même le doivent, s’il s’y est introduit des éléments qui correspondent mal à la nature intime de la liturgie elle-même, ou si ces parties sont devenues inadaptées.

Cette restauration doit consister à organiser les textes et les rites de telle façon qu’ils expriment avec plus de clarté les réalités saintes qu’ils signifient, et que le peuple chrétien, autant qu’il est possible, puisse facilement les saisir et y participer par une célébration pleine, active et communautaire. »

C’est à l’encyclique Mediator Dei du pape Pie XII que remonte la distinction, dans la liturgie, entre les éléments divins, immuables, et les éléments humains, qui, eux, « peuvent subir diverses modifications, approuvées par la sainte Hiérarchie assistée par le Saint-Esprit, selon les exigences des temps, des choses et des âmes » (Acta Apostolicae Sedis 39, 1947, 541-542).

D’ailleurs, le désir d’une « réforme générale » n’était pas né du jour au lendemain, mais s’était manifesté dans l’action des papes qui s’étaient succédé depuis le début du XXe siècle, en accord avec les revendications du Mouvement liturgique.

L’affirmation selon laquelle les fidèles ne devaient pas assister aux célébrations « comme des étrangers ou des spectateurs muets » avait déjà été reprise par la Constitution apostolique Divini Cultus de Pie XI.

On peut en outre rappeler les interventions de Pie XII sur l’organisation des rites de la Semaine Sainte, qu’il a replacés aux heures correspondant aux événements pascaux, après qu’ils avaient été avancés pendant des siècles aux heures du matin.

Il ne faut pas non plus oublier que saint Jean XXIII a jugé nécessaire une simplification des rubriques du Bréviaire et du Missel, qu’il a approuvée par le Motu proprio Rubricarum instructum, du 25 juillet 1960, dans lequel il renvoyait au Concile œcuménique annoncé la proposition des principes fondamentaux pour une réforme de la liturgie.

La réforme liturgique promue par le Concile Vatican II s’inscrit donc dans le sillage de la tradition vivante de l’Église. Sa juste compréhension permet également de rejeter les abus qui se sont produits dans certains secteurs de l’Église au cours de la période postconciliaire, et qui, malheureusement, se produisent encore parfois aujourd’hui, en absolutisant ou en interprétant de manière erronée certains des principes qui étaient à la base de la réforme elle-même.

À cet égard, il convient de rappeler que la Constitution conciliaire affirme que « les actions liturgiques ne sont pas des actions privées, mais des célébrations de l’Église, qui est “le sacrement de l’unité”, c’est-à-dire le peuple saint rassemblé et ordonné sous la conduite des évêques. C’est pourquoi ces actions appartiennent à l’ensemble du corps de l’Église, elles le manifestent et l’impliquent » (Sacrosanctum Concilium, n° 26).

Il incombe donc en premier lieu aux pasteurs, aux évêques, mais aussi à chaque prêtre, de préserver et de promouvoir une liturgie qui, dans le respect des normes liturgiques, resplendisse par sa noble simplicité (cf. n° 34) et manifeste ainsi l’Église une, sainte, catholique et apostolique.

Une telle liturgie sera également un vecteur fondamental d’évangélisation, l’instrument de grâce par lequel, comme l’enseigne le Concile, nous pourrons apprendre à nous offrir nous-mêmes et, par la médiation du Christ, nous serons consommés dans l’unité avec Dieu et entre nous (cf. n° 48).

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[1] G. B. Montini, «Terza lettera dal Concilio», Rivista Diocesana Milanese 51 (1962) 921-923: 922.

[2] Ibid.

[3] Solenne Chiusura della II Sessione del Concilio, Allocuzione del Santo Padre Paolo VI (4 dicembre 1963).