LEÇON 63 :
La Déontologie Infirmière – L'éthique en action
1. LA
SITUATION
Dans un
hôpital de Kinshasa, l'infirmière Thérèse s'occupe d'un patient de marque, un
homme politique influent. Sa famille insiste pour que Thérèse leur communique
le diagnostic complet sans attendre le médecin, et propose une
"enveloppe" pour qu'il soit prioritaire sur les autres malades, au
détriment d'un enfant arrivé en urgence. Thérèse refuse poliment mais
fermement, en rappelant que chaque patient a les mêmes droits et que le secret
médical est sacré.
2. THÈME
DE RÉFLEXION
La loi du
service : Pourquoi la
profession infirmière a-t-elle besoin de règles strictes ? Est-ce une
contrainte ou une protection pour l'infirmière et le patient ?
3.
QUESTION À RÉPONDRE DANS LE CAHIER
Selon vous,
quelle est la différence entre une infirmière qui fait "son travail"
et une infirmière qui vit sa "déontologie" ? Lequel de ces deux
profils inspire le plus de confiance ?
4.
EXPLICATIONS DU PROFESSEUR
A.
Définition et fondements
La
déontologie (du grec deon, "devoir") est l'ensemble des règles
et des devoirs qui régissent une profession. Pour l'infirmière, elle ne se
limite pas à ne pas faire de mal, elle consiste à chercher activement le bien
du patient.
- Le Serment de Florence
Nightingale :
Elle est la pionnière qui a compris que l'infirmière doit être une
personne d'une intégrité absolue.
- La dignité humaine : Le premier principe est le
respect de la vie, de la naissance à la mort, sans distinction de rang
social, de tribu ou de religion.
B. Les
piliers du code de déontologie
- Le Secret Professionnel : C'est le fondement de la
confiance. Ce que l'infirmière voit, entend ou comprend dans l'intimité du
soin ne doit jamais être divulgué. Briser le secret, c'est briser le
patient.
- La Probité (Honnêteté) : L'infirmière refuse toute forme
de corruption ou de favoritisme. Elle traite l'indigent avec la même
délicatesse que le riche.
- La Compétence : C'est un devoir déontologique de
se former continuellement. Une infirmière qui ne met pas à jour ses
connaissances met ses patients en danger.
C.
L'infirmière face au dilemme
Souvent,
l'infirmière est entre le marteau et l'enclume (médecins, familles,
administration).
- L'obéissance et la conscience : Elle doit suivre les
prescriptions, mais elle a le devoir d'alerter si une erreur est
manifeste. Elle n'est pas un robot, elle est une conscience éveillée.
- La solidarité professionnelle : Ne jamais dénigrer une collègue
devant un patient, mais avoir le courage de corriger une erreur pour le
bien du malade.
5.
SYNTHÈSE ANTHROPOLOGIQUE ET CONSEIL FINAL
L'infirmière
n'est pas un simple prestataire de services ; elle est la gardienne de
l'humanité du patient au moment où celui-ci est le plus vulnérable.
- Le respect de la personne : Chaque patient est un
"quelqu'un", jamais un "numéro de lit".
- La piété, « le remède des remèdes
» : Dans
l'exercice de la déontologie, la piété nous aide à voir en chaque
souffrant un frère ou une sœur. Cela transforme un règlement froid en un
acte d'amour.
- La sérénité : Une infirmière qui respecte sa
déontologie dort en paix. Elle n'a pas peur des conséquences de ses actes
car elle agit selon la vérité.
TROIS
RÉSOLUTIONS PRATIQUES
- Discrétion absolue : Je m'engage à ne jamais raconter
l'histoire d'un patient à mes amies ou sur les réseaux sociaux, même de
manière anonyme.
- Équité : Aujourd'hui, je porterai une
attention particulière au patient le plus délaissé ou le moins aimable du
service.
- Excellence : Réviser un protocole de soin que
je ne maîtrise pas parfaitement pour garantir la sécurité de mes patients.



