LÉON
XIV
AUDIENCE
GÉNÉRALE
Mercredi
21 octobre 2026
___________________________________
Catéchèse.
Les documents du Concile Vatican II
IV.
Constitution Gaudium et spes
6.
L'engagement pour la famille
dans la société d'aujourd'hui (GS, 47-52)
Chers
frères et sœurs, bonjour et bienvenue !
La
première chose que je voudrais vous dire, c'est merci ! Merci pour le soutien à
travers vos prières. Merci à Dieu pour sa générosité. Renouvelons tous notre
confiance en la bonté et en la miséricorde de Dieu.
La
Constitution pastorale Gaudium et spes (GS) du Concile Vatican II, après avoir exposé, dans sa première
partie, la dignité de la personne et sa vocation dans le monde, aborde, dans la
seconde partie, « fort de la lumière de l’Évangile et de l’expérience humaine
», certains problèmes contemporains parmi les plus urgents (cf. GS, 46).
L’attention se concentre en premier
lieu sur le mariage et la famille, dans la conviction que « le bien-être
de chaque personne et celui de la société tant humaine que chrétienne est
étroitement lié à la prospérité de la communauté conjugale et familiale. » (GS, 47).
À
cette fin, il ne s’agit pas simplement de réaffirmer ses valeurs et ses fins,
mais de proposer une
conception renouvelée du mariage cette « communauté intime de vie et d'amour
conjugal » (GS, 48).
En
intégrant la dimension juridique du mariage comme contrat, le fondement de
cette union est reconnu dans le « pacte conjugal », compris comme « l’acte
humain par lequel les époux se donnent et se reçoivent mutuellement » (ibid.).
Le
don réciproque de l’homme et de la femme, tel qu’« ils ne sont plus deux, mais
une seule chair » (Mt 19, 6), motive l’exigence de la « pleine fidélité
» et de l’« unité indissoluble » des époux, trouvant une expression vivante
dans la procréation et l’éducation des enfants (cf. GS, 48).
Reflet
de la Trinité divine, l’amour conjugal et parental, à travers le sacrement du
mariage, est « soutenu et enrichi par la force rédemptrice du Christ », afin
que les époux puissent s’aimer l’un l’autre « comme lui-même a aimé l’Église et
s’est livré pour elle » (ibid.).
Après
avoir éclairé la réalité du mariage à la lumière de l’amour du Christ, qui est
la vérité de l’amour humain et divin, Gaudium et spes porte son attention sur l’amour
conjugal et la fécondité matrimoniale. Sans se limiter à l’attrait érotique,
qu’il intègre pourtant en soi, l’amour conjugal engage toute la volonté des
époux, ravivant les sentiments de leur âme et s’exprimant par des gestes de
tendresse (cf. GS, 49). Englobant le bien de toute la
personne de l’homme et de la femme, égaux en dignité, cet amour imprègne toute
la vie des époux, trouvant son expression dans les actes propres au mariage
(cf. ibid.). Tout en signifiant l’amour intégral
de personne à personne, l’intimité singulière des époux favorise leur don
mutuel et enrichit leur joie réciproque (cf. ibid.).
La
fécondité de l’amour conjugal s’exprime en outre dans la procréation des
enfants, « le don le plus excellent du mariage » (GS, 50). En transmettant et en éduquant
la vie humaine, qui ne doit jamais être rejetée, les époux deviennent « des
coopérateurs de l’amour du Dieu Créateur et comme ses interprètes » (ibid.). Appelés à cette responsabilité
humaine et chrétienne, ils sont tenus de se laisser guider par un jugement
droit concernant leur bien et celui de leurs enfants, déjà nés ou à naître. Un
tel jugement, que les époux eux-mêmes doivent, en dernière analyse, formuler
devant Dieu, exige que leur conscience se conforme à la loi divine, interprétée
par le Magistère de l’Église à la lumière de l’Évangile (cf. ibid.).
La
valorisation de la communion d’amour et de la fécondité procréative dans le
mariage conduit le Concile à exclure qu’il puisse y avoir « une véritable
contradiction entre les lois divines qui régissent la transmission de la vie et
celles qui favorisent l’amour conjugal authentique » (GS, 51) et à affirmer, au contraire, que
« lorsqu’il s’agit de concilier l’amour conjugal avec la transmission […] de la
vie », il faut « préserver, dans un contexte d’amour véritable, la
signification totale d’une donation réciproque et d’une procréation à la mesure
de l’homme » (ibid.). Il en découle à la fois que « la
vie, une fois conçue, doit être protégée avec le plus grand soin », en évitant
« l’avortement et l’infanticide » ; et que « les actes propres à la vie
conjugale, ordonnés selon la véritable dignité humaine, doivent être respectés
avec une grande estime » (ibid.).
L’enseignement
de Gaudium et spes sur la communauté conjugale et
familiale met ainsi en évidence la fonction sociale de la famille, définie
comme « une école d’enrichissement humain » et « le fondement de la société » (GS,
52), en rappelant à tous ceux qui assument des responsabilités sociales,
notamment dans les domaines politique et culturel, le devoir de « promouvoir
les valeurs du mariage et de la famille » (ibid.).
Très
chers amis, cet engagement est plus urgent que jamais. L’Église en est bien
consciente, comme en témoigne la sollicitude pastorale des Papes qui se sont
succédé depuis le dernier Concile, jusqu’à la double Assemblée synodale voulue
par le pape François, sur laquelle sont revenus, ces derniers jours, les chefs
des Églises catholiques orientales et les présidents des conférences
épiscopales. Que la Sainte Famille de Nazareth nous éclaire sur notre chemin et
protège les familles du monde entier.



.jpg)

