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21 avril, 2025

Audience papa François pour le mercredi 16 avril 2025

 


PAPE FRANÇOIS

CATÉCHÈSE DU SAINT-PÈRE
PRÉPARÉE POUR L'AUDIENCE GÉNÉRALE DU 16 AVRIL 2025

Cycle – Jubilé 2025. Jésus-Christ notre espérance

II. La vie de Jésus. 

Les paraboles 

5. Le Père miséricordieux. Il était perdu, et il est retrouvé (Lc 15,32)

Chers frères et sœurs,

Après avoir médité sur les rencontres de Jésus avec certains personnages de l'Évangile, je voudrais m'arrêter, à partir de cette catéchèse, sur quelques paraboles. Comme nous le savons, ce sont des histoires qui reprennent des images et des situations de la réalité quotidienne. C'est pourquoi elles touchent aussi notre vie. Elles nous provoquent. Et elles nous demandent de prendre position : où est-ce que je me situe dans ce récit ?

Commençons par la parabole la plus célèbre, celle dont tous nous nous souvenons peut-être depuis que nous étions tout petits : la parabole du père et des deux fils (Lc 15, 1-3.11-32). Nous y trouvons le cœur de l'Évangile de Jésus, à savoir la miséricorde de Dieu.

L'évangéliste Luc dit que Jésus raconte cette parabole pour les pharisiens et les scribes, qui murmuraient du fait que Lui mangeait avec les pécheurs. C'est pourquoi on pourrait dire qu'il s'agit d'une parabole adressée à ceux qui sont perdus mais qui ne le savent pas et qui jugent les autres.

L'Évangile veut nous donner un message d'espérance, car il nous dit que, où que nous soyons perdus, quelle que soit la manière dont nous nous sommes perdus, Dieu vient toujours nous chercher ! Peut-être nous sommes-nous perdus comme une brebis qui s'est éloignée du chemin pour brouter l'herbe, ou qui est restée derrière à cause de la fatigue (cf. Lc 15, 4-7). Ou bien nous sommes perdus comme une pièce de monnaie, qui est peut-être tombée par terre et ne peut plus être retrouvée, ou bien quelqu'un l'a mise quelque part et ne se souvient plus de l'endroit. Ou bien nous nous sommes perdus comme les deux fils de ce père : le plus jeune parce qu'il s'est lassé d'une relation qu'il jugeait trop exigeante ; mais l'aîné aussi s’est perdu, parce qu'il ne suffit pas de rester à la maison s'il y a de l'orgueil et de la rancœur dans le cœur.

L'amour est toujours un engagement, il y a toujours quelque chose que nous devons accepter de perdre pour rencontrer l'autre.

Mais le fils cadet de la parabole ne pense qu'à lui-même, comme cela arrive à certaines étapes de l'enfance et de l'adolescence. En réalité, autour de nous, nous voyons aussi beaucoup d’adultes qui sont ainsi, qui ne parviennent pas à poursuivre une relation parce qu'ils sont égoïstes. Ils s'imaginent qu'ils vont se trouver et, au contraire, ils se perdent, car ce n'est que lorsqu'on vit pour quelqu'un que nous vivons vraiment.

Ce fils cadet, comme nous tous, a faim d'affection, il veut être aimé. Mais l'amour est un don précieux, il doit être traité avec soin. Au lieu de cela, il le gaspille, il se dévalorise, il ne se respecte pas. Il s'en rend compte dans les moments de famine, quand personne ne s'occupe de lui. Le risque est que, dans ces moments-là, nous nous mettions à mendier l'affection et nous nous attachions au premier maître venu.

Ce sont ces expériences qui font naître en nous la fausse conviction de pouvoir vivre une relation seulement de manière servile, comme si nous devions expier une faute ou comme si l'amour véritable ne pouvait pas exister. Le fils cadet, en effet, lorsqu'il a touché le fond, pense retourner dans la maison de son père pour ramasser par terre quelques miettes d'affection.

Seul celui qui nous aime vraiment peut nous libérer de cette fausse vision de l'amour. Dans notre relation avec Dieu, nous faisons précisément cette expérience. Le grand peintre Rembrandt, dans un tableau célèbre, a magnifiquement représenté le retour du fils prodigue. Deux détails me frappent particulièrement : la tête du jeune homme est rasée, comme celle d'un pénitent, mais elle ressemble aussi à la tête d'un enfant, car ce fils est en train de renaître. Et puis les mains du père : l'une masculine et l'autre féminine, pour exprimer la force et la tendresse dans l'étreinte du pardon.

Mais c'est le fils aîné qui représente ceux pour qui la parabole est racontée : c'est le fils qui est toujours resté à la maison avec son père, mais qui était distant de lui, distant de cœur. Ce fils aurait peut-être voulu partir lui aussi, mais par peur ou par devoir, il est resté là, dans cette relation. Or, quand on s'adapte contre son gré, on commence à nourrir en soi une colère qui, tôt ou tard, explose. Paradoxalement, c'est le fils aîné qui risque finalement de rester hors de la maison, parce qu'il ne partage pas la joie de son père.

Le père sort également à sa rencontre. Il ne le gronde pas et ne le rappelle pas à l'ordre. Il veut simplement qu'il ressente son amour. Il l'invite à entrer et laisse la porte ouverte. Cette porte reste également ouverte pour nous. C'est en effet la raison de l'espérance : nous pouvons espérer parce que nous savons que le Père nous attend, qu'il nous voit de loin et qu'il laisse toujours la porte ouverte.

Chers frères et sœurs, demandons-nous donc où nous nous situons dans ce merveilleux récit. Et demandons à Dieu le Père la grâce de retrouver nous aussi le chemin vers la maison.

 

09 avril, 2025

Audience pape François. 9 avril 2025 Jeune homme riche

 


PAPE FRANÇOIS

CATÉCHÈSE DU SAINT-PÈRE
PRÉPARÉE POUR L'AUDIENCE GÉNÉRALE DU 9 AVRIL 2025

Mercredi 9 avril 2025

Cycle – Jubilé 2025. Jésus-Christ notre espérance II. La vie de Jésus.

Les rencontres 4. Le jeune homme riche. Jésus posa son regard sur lui (Mc 10,21)

Chers frères et sœurs,

Aujourd'hui, nous nous penchons sur une autre rencontre de Jésus relatée dans les Évangiles. Cette fois-ci, la personne rencontrée n'a pas de nom. L'évangéliste Marc la présente simplement comme « un homme » (10,17). Il s’agit d’un homme qui depuis sa jeunesse a respecté les commandements, mais qui, malgré cela, n'a pas encore trouvé le sens de sa vie. Il le cherche. C'est peut-être quelqu'un qui n'a pas pris de décision jusqu'au bout, malgré l’apparence de personne engagée.

Au-delà des choses que nous faisons, des sacrifices ou des succès, ce qui compte vraiment pour être heureux, c'est ce que nous portons dans notre cœur. Si un navire doit prendre la mer et quitter le port pour naviguer en haute mer, il a beau être merveilleux, avec un équipage exceptionnel, s'il ne tire pas sur le lest et les ancres qui le retiennent, il n'avancera jamais. Cet homme s'est construit un navire de luxe, mais il est resté au port !

Alors que Jésus poursuit son chemin, cet homme court vers lui, s'agenouille devant lui et lui demande : « Bon Maître, que dois-je faire pour avoir la vie éternelle en héritage ?» (v. 17). Remarquez les verbes : « que dois-je faire pour avoir la vie éternelle ». Puisque l'observation de la Loi ne lui a pas donné le bonheur et la sécurité d'être sauvé, il se tourne vers le Maître Jésus. Ce qui est frappant, c'est que cet homme ne connaît pas le vocabulaire de la gratuité ! Tout lui semble dû. Tout est un devoir. La vie éternelle est pour lui un héritage, quelque chose qui s'obtient de droit, par le respect méticuleux des engagements. Mais dans une vie vécue ainsi, même si c'est certainement pour le bien, quelle place peut avoir l'amour ?

Comme toujours, Jésus va au-delà de l’apparence. Alors que cet homme met en avant son bel curriculum, Jésus va plus loin et regarde à l'intérieur. Le verbe utilisé par Marc est très significatif : « posant son regard sur lui » (v. 21). C'est précisément parce que Jésus regarde à l'intérieur de chacun de nous qu'il nous aime tels que nous sommes vraiment. Qu'est-ce qu’il aura vu à l'intérieur de cette personne ? Que voit Jésus lorsqu'il regarde en nous et qu'il nous aime, malgré nos distractions et nos péchés ? Il voit notre fragilité, mais aussi notre désir d'être aimés tels que nous sommes.

En posant son regard sur lui - dit l'Évangile - « il l'aima » (v. 21). Jésus aime cet homme avant même de l'inviter à le suivre. Il l'aime tel qu'il est. L'amour de Jésus est gratuit, à l'opposé de la logique du mérite qui assaillait cette personne. Nous sommes vraiment heureux lorsque nous réalisons que nous sommes aimés de cette manière, gratuitement, par grâce. Et cela vaut également dans les relations entre nous : tant que nous essayons d'acheter l'amour ou de mendier l'affection, ces relations ne nous rendront jamais heureux.

La proposition que Jésus fait à cet homme est de changer sa manière de vivre et d'être en relation avec Dieu. En effet, Jésus reconnaît qu'en lui, comme en chacun de nous, il y a un manque. C'est le désir que nous portons dans notre cœur d'être aimés. Il y a une blessure qui nous appartient en tant qu'êtres humains, la blessure par laquelle l'amour peut passer.

Pour combler ce manque, il ne faut pas « acheter » de la reconnaissance, de l'affection, de la considération, mais en revanche « vendre » tout ce qui nous alourdit, pour rendre notre cœur plus libre. On n’a pas besoin de continuer à prendre pour soi, mais plutôt de donner aux pauvres, de mettre à disposition, de partager.

Enfin, Jésus invite cet homme à ne pas rester seul. Il l'invite à le suivre, à rester dans un lien, à vivre une relation. Ce n'est qu'ainsi qu'il sera possible de sortir de l'anonymat. Nous ne pouvons entendre notre nom que dans une relation, dans laquelle quelqu'un nous appelle. Si nous restons seuls, nous n'entendrons jamais notre nom appelé et nous continuerons à rester des « untel », anonymes. Peut-être qu'aujourd'hui, précisément parce que nous vivons dans une culture de l'autosuffisance et de l'individualisme, nous nous trouvons plus malheureux parce que nous n'entendons plus notre nom prononcé par quelqu'un qui nous aime gratuitement.

Cet homme n'accepte pas l'invitation de Jésus et reste seul, parce que les ballasts de sa vie le maintiennent au port. La tristesse est le signe qu'il n'a pas pu partir. Parfois, nous pensons qu'il s'agit de richesses et ce ne sont que des fardeaux qui nous retiennent. L'espoir est que cette personne, comme chacun de nous, changera tôt ou tard et décidera de prendre le large.

Sœurs et frères, confions au Cœur de Jésus tous ceux qui sont tristes et indécis, afin qu'ils puissent sentir le regard aimant du Seigneur, qui s'émeut en nous regardant tendrement de l’intérieur.

27 mars, 2025

Audience préparée pour le 26 mars 2025. La Samaritaine

 


PAPE FRANÇOIS

CATÉCHÈSE DU SAINT-PÈRE 
PRÉPARÉE POUR L'AUDIENCE GÉNÉRALE DU 26 MARS 2025

Mercredi 26 mars 2025

Cycle – Jubilée 2025. Jésus-Christ notre espérance II. La vie de Jésus.

Les rencontres 2. La Samaritaine « Donne-moi à boire » (Jn 4,7)

Chers frères et sœurs,

Après avoir médité sur la rencontre de Jésus avec Nicodème, qui était parti à la recherche de Jésus, nous réfléchissons aujourd'hui à ces moments où il semble que Lui nous attende là, à la croisée des chemins de notre vie. Des rencontres qui nous surprennent et qui, au début, peuvent même nous rendre un peu méfiants : nous tâchons alors d'être prudents pour comprendre ce qui se passe.

C'est probablement aussi l'expérience de la femme samaritaine, mentionnée au chapitre quatre de l'Évangile de Jean (cf. 4,5-26).

Elle ne s'attendait pas à trouver un homme au puits à midi, elle espérait même ne trouver personne. En fait, elle va chercher de l'eau au puits à une heure inhabituelle, alors qu'il fait très chaud. Peut-être cette femme a-t-elle honte de sa vie, peut-être s'est-elle sentie jugée, condamnée, incomprise, et c'est pourquoi elle s'est isolée, elle a rompu les relations avec tout le monde.

Pour aller en Galilée depuis la Judée, Jésus aurait pu choisir un autre itinéraire et ne pas traverser la Samarie. Cela aurait été plus sûr, étant donné les relations tendues entre Juifs et Samaritains. Au contraire, il veut passer par là et s'arrête à ce même puits, à cette même heure ! Jésus nous attend et se fait trouver au moment même où nous pensons qu'il n'y a plus d'espoir pour nous. Le puits, dans l'ancien Moyen-Orient, est un lieu de rencontre, où les mariages sont parfois arrangés, c'est un lieu de fiançailles. Jésus veut aider cette femme à comprendre où chercher la vraie réponse à son désir d'être aimée.

Le thème du désir est fondamental pour comprendre cette rencontre. Jésus est le premier à exprimer son désir : « Donne-moi à boire ! » (v. 10). Pour ouvrir le dialogue, Jésus se montre faible, il met l'autre à l'aise, il s'assure qu'il ne soit pas effrayé. La soif est souvent, même dans la Bible, l'image du désir. Mais ici, Jésus a avant tout soif du salut de cette femme. « Celui qui demandait à boire - dit saint Augustin - avait soif de la foi de cette femme ». 

Si Nicodème était allé vers Jésus la nuit, ici Jésus rencontre la Samaritaine à midi, au moment où il y a le plus de lumière. C'est en effet un moment de révélation. Jésus se fait connaître à elle comme le Messie et l'éclaire sur sa vie. Il l'aide à relire son histoire, qui est compliquée et douloureuse : elle a eu cinq maris et elle est maintenant avec un sixième qui n'est pas un mari. Le chiffre six n'est pas un hasard, il est généralement synonyme d'imperfection. Il s'agit peut-être d'une allusion au septième époux, celui qui assouvira enfin le désir de cette femme d'être vraiment aimée. Et cet époux ne peut être que Jésus.



Lorsqu'elle réalise que Jésus connaît sa vie, la femme déplace la conversation sur la question religieuse qui divise les Juifs et les Samaritains. Cela nous arrive aussi lorsque nous prions : au moment où Dieu touche notre vie avec ses problèmes, nous nous perdons parfois dans des réflexions qui nous donnent l'illusion d'une prière réussie. En réalité, nous érigeons des barrières de protection. Le Seigneur, cependant, est toujours plus grand, et à cette femme samaritaine, à laquelle il n'aurait même pas dû adresser la parole selon les schémas culturels, il offre la révélation la plus haute : il lui parle du Père, qui doit être adoré en esprit et en vérité. Et lorsque, encore une fois surprise, elle fait remarquer qu'il vaut mieux attendre le Messie sur ces questions, il lui dit : « C'est moi qui te parle » (v. 26). C'est comme une déclaration d'amour : celui que tu attends, c'est moi, celui qui peut enfin répondre à ton désir d'être aimée.

À ce moment-là, la femme court appeler les gens du village, car c'est précisément de l'expérience du sentiment d'amour que naît la mission. Et quelle annonce aurait-elle pu apporter si ce n'est son expérience d'être comprise, accueillie, pardonnée ? C'est une image qui devrait nous faire réfléchir sur notre recherche de nouvelles formes pour évangéliser.

Comme une personne éprise, la Samaritaine abandonne son amphore aux pieds de Jésus. Le poids de cette amphore sur sa tête, chaque fois qu'elle rentrait chez elle, lui rappelait sa condition, sa vie troublée. Mais maintenant, l'amphore est déposée aux pieds de Jésus. Le passé n'est plus un fardeau, elle est réconciliée. Il en va de même pour nous : pour aller annoncer l'Évangile, nous devons d'abord déposer le poids de notre histoire aux pieds du Seigneur, Lui remettre le poids de notre passé. Seuls des personnes réconciliées peuvent porter l'Évangile.

Chers frères et sœurs, ne perdons pas espérance ! Même si notre histoire nous semble pesante, compliquée, peut-être même en ruine, nous avons toujours la possibilité de la remettre à Dieu et de recommencer notre chemin. Dieu est miséricordieux et nous attend toujours !

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20 mars, 2025

Audience pape François préparée pour le 19 mars 2025. Rencontre avec Nicodème. Rigidité

 


PAPE FRANÇOIS

CATÉCHÈSE DU SAINT-PÈRE 
PRÉPARÉE POUR L'AUDIENCE GÉNÉRALE DU 19 MARS 2025

Mercredi 19 mars 2025

Cycle – Jubilé 2025. Jésus-Christ notre espérance. II. La vie de Jésus. Les rencontres 1. Nicodème « Vous devez naître d’en-haut » (Jn 3,7b).

Chers frères et sœurs, bonjour !

Avec cette catéchèse, nous commençons à contempler certaines rencontres racontées dans les Évangiles, pour comprendre la manière dont Jésus donne de l'espérance. En effet, il y a des rencontres qui éclairent la vie et apportent l'espérance. Il peut arriver, par exemple, que quelqu'un nous aide à voir sous un angle différent une difficulté ou un problème que nous vivons ; ou bien il peut arriver que quelqu'un nous donne simplement une parole qui nous évite de nous sentir seuls dans la souffrance que nous sommes en train de vivre. Il y a aussi parfois des rencontres silencieuses, où rien n'est dit, et pourtant ces moments nous aident à nous reprendre en main.

La première rencontre sur laquelle je voudrais m'arrêter est celle de Jésus avec Nicodème, racontée au chapitre 3 de l'Évangile de Jean. Je commence par cet épisode parce que Nicodème est un homme dont l'histoire montre qu'il est possible de sortir des ténèbres et de trouver le courage de suivre le Christ.

Nicodème va voir Jésus de nuit : une heure inhabituelle pour une rencontre. Dans le langage de Jean, les références temporelles ont souvent une valeur symbolique : ici, la nuit représente probablement ce qui est dans le cœur de Nicodème. C'est un homme dans l'obscurité du doute, dans cette obscurité que nous connaissons lorsque nous ne comprenons plus ce qui se passe dans notre vie et que nous ne voyons pas clairement le chemin à suivre.

Si tu es dans les ténèbres, tu cherches bien sûr la lumière. Et Jean, au début de son Évangile, écrit : « La vraie lumière est venue dans le monde, celle qui éclaire tout homme » (1,9). Nicodème cherche donc Jésus parce qu'il a senti qu'il pouvait éclairer les ténèbres de son cœur.

Cependant, l'Évangile nous apprend que Nicodème ne comprend pas tout de suite ce que Jésus lui dit. Nous voyons donc qu'il y a beaucoup de malentendus dans ce dialogue, et aussi beaucoup d'ironie, ce qui est une caractéristique de l'évangéliste Jean. Nicodème ne comprend pas ce que Jésus lui dit parce qu'il continue à penser avec sa propre logique et ses propres catégories. C'est un homme à la personnalité bien définie, il a un rôle public, il est l'un des chefs des Juifs. Mais il est probablement plus difficile pour lui de faire la part des choses. Nicodème sent que quelque chose ne fonctionne plus dans sa vie. Il ressent le besoin de changer, mais ne sait pas par où commencer.

Cela nous arrive à tous à un moment ou à un autre de notre vie. Si nous n'acceptons pas le changement, si nous nous enfermons dans notre rigidité, nos habitudes ou nos modes de pensée, nous risquons de mourir. La vie réside dans la capacité à changer pour trouver une nouvelle façon d'aimer. En fait, Jésus parle à Nicodème d'une nouvelle naissance, qui est non seulement possible, mais même nécessaire à certains moments de notre parcours. En fait, l'expression utilisée dans le texte est déjà ambivalente en elle-même, car anōthen (ἄνωθεν) peut être traduit soit “d'en haut”, soit “à nouveau”. Peu à peu, Nicodème comprendra que ces deux significations vont de pair : si nous permettons à l'Esprit Saint d'engendrer une vie nouvelle en nous, nous naîtrons de nouveau. Nous redécouvrirons cette vie qui, peut-être, était en train de s'éteindre en nous.

J'ai choisi de commencer par Nicodème également parce qu'il s'agit d'un homme qui, par sa vie même, montre que ce changement est possible. Nicodème y parviendra : à la fin, il sera parmi ceux qui iront demander à Pilate le corps de Jésus (cf. Jn 19,39) ! Nicodème est enfin entré dans la lumière, il renaît, il n'a plus besoin d'être dans la nuit.

Les changements nous font parfois peur. D'une part, ils nous attirent, nous les désirons parfois, mais d'autre part, nous préférons rester dans notre zone de confort. C'est pourquoi l'Esprit nous encourage à affronter ces peurs. Jésus rappelle à Nicodème - qui est un enseignant en Israël - que les Israélites avaient eux aussi peur lorsqu'ils marchaient dans le désert. Ils étaient tellement obnubilés par leurs soucis qu'à un moment donné, ces peurs ont pris la forme de serpents venimeux (cf. Nombres 21, 4-9). Pour être libérés, ils devaient regarder le serpent de bronze que Moïse avait placé sur un mât, c'est-à-dire qu'ils devaient lever les yeux et se tenir devant l'objet qui représentait leurs peurs. Ce n'est qu'en regardant en face ce qui nous fait peur que nous pouvons commencer à être libérés.

Nicodème, comme nous tous, peut regarder le Crucifié, celui qui a vaincu la mort, la racine de toutes nos peurs. Levons nous aussi le regard vers celui qu'ils ont transpercé, laissons-nous aussi rencontrer par Jésus. En Lui, nous trouvons l’espérance pour affronter les changements de notre vie et naître de nouveau.

 

12 février, 2025

Audience papa François 12 février 2025. La naissance de Jésus

 


PAPE FRANÇOIS

AUDIENCE GÉNÉRALE

Salle Paul VI
Mercredi 12 février 2025

Cycle – Jubilé 2025. Jésus-Christ notre espérance. 

I. L’enfance de Jésus 

5. « Il vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur » (Lc 2,11).

 La naissance de Jésus et la visite des bergers

Chers frères et sœurs, bonjour !

Dans notre parcours jubilaire de catéchèse sur Jésus qui est notre espérance, aujourd'hui nous nous arrêtons sur l'événement de sa naissance à Bethléem.

Le Fils de Dieu entre dans l'histoire en devenant notre compagnon de voyage et il commence à voyager étant encore dans le sein de sa mère. L'évangéliste Luc raconte que, dès sa conception, Marie avec l’Enfant dans son sein, est partie de Nazareth pour se rendre dans la maison de Zacharie et d'Élisabeth, puis, une fois la grossesse achevée, de Nazareth à Bethléem pour le recensement. Marie et Joseph furent contraints de se rendre dans la ville du roi David, où Joseph était également né. Le Messie tant attendu, le Fils du Dieu Très-Haut, se laisse recenser, c'est-à-dire compter et enregistrer, comme n'importe quel citoyen. Il se soumet au décret d'un empereur, César Auguste, qui se croit le maître de toute la terre.

Luc situe la naissance de Jésus dans « un temps exactement datable » et dans « un cadre géographique exactement indiqué », de sorte que « l'universel et le concret se touchent ». Dieu qui vient dans l'histoire ne bouleverse pas les structures du monde, mais veut les éclairer et les recréer de l'intérieur.

Bethléem signifie « maison du pain ». C'est là que les jours de l'accouchement se sont passés pour Marie et que Jésus est né, pain descendu du ciel pour rassasier la faim du monde (cf. Jn 6,51). L'ange Gabriel avait annoncé la naissance du Roi messianique sous le signe de la grandeur : « Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin. » (Lc 1, 32-33).

Cependant, Jésus naît d'une manière totalement inédite pour un roi. En effet, « pendant qu’ils étaient là, le temps où elle devait enfanter fut accompli. Et elle mit au monde son fils premier-né ; elle l’emmaillota et le coucha dans une mangeoire, car il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune. » (Lc 2,6-7). Le Fils de Dieu ne naît pas dans un palais royal, mais à l'arrière d'une maison, dans l'espace où se trouvent les animaux.

Luc nous montre ainsi que Dieu ne vient pas dans le monde avec des proclamations retentissantes, qu'il ne se manifeste pas dans la clameur, mais qu'il commence son chemin dans l'humilité. Et qui sont les premiers témoins de cet événement ? Ce sont des bergers : des hommes peu cultivés, malodorants à cause du contact permanent avec les animaux, vivant en marge de la société. Pourtant, ils exercent le métier par lequel Dieu lui-même se fait connaître à son peuple (cf. Gn 48,15 ; 49,24 ; Ps 23,1 ; 80,2 ; Is 40,11). Dieu les choisit pour être les destinataires de la plus merveilleuse nouvelle qui ait jamais retenti dans l'histoire : « Ne craignez pas, car voici que je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple : Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur. Et voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. » (Lc 2, 10-12).

L'endroit où il faut aller pour rencontrer le Messie est une crèche. Il se trouve en effet qu'après tant d'attente, « le Sauveur du monde, celui pour qui tout a été créé (cf. Col 1,16), n'a pas de place » (Benedetto XVI, L’infanzia di Gesù, 2012, 80). Les bergers apprennent ainsi que dans un lieu très humble, réservé aux animaux, naît pour eux le Messie tant attendu, pour être leur Sauveur, leur Pasteur. Cette nouvelle ouvre leur cœur à l'émerveillement, à la louange et à l’annonce joyeuse. « Contrairement à tant de personnes occupées à faire mille choses, les bergers deviennent les premiers témoins de l’essentiel, c’est-à-dire du salut qui est donné. Ce sont les plus humbles et les plus pauvres qui savent accueillir l'événement de l'Incarnation » (Lett. ap. Admirabile signum, 5).

Frères et sœurs, demandons aussi la grâce d'être, comme les bergers, capables de stupeur et de louange devant Dieu, et capables de conserver ce qu'Il nous a confié : nos talents, nos charismes, notre vocation et les personnes qu'Il place à nos côtés.

Demandons au Seigneur de savoir discerner dans la faiblesse la force extraordinaire de l'Enfant-Dieu, qui vient renouveler le monde et transformer nos vies avec son dessein plein d'espérance pour l'humanité toute entière.

05 février, 2025

Audience pape François 5 février 2025. Visitation et Magnificat

 


PAPE FRANÇOIS

AUDIENCE GÉNÉRALE

Salle Paul VI
Mercredi 5 février 2025

Cycle – Jubilé 2025. Jésus-Christ notre espérance.

I. L’enfance de Jésus

4. « Heureuse celle qui a cru » (Lc 1, 45). La Visitation et le Magnificat

Chers frères et sœurs, bonjour !

Nous contemplons aujourd'hui la beauté de Jésus-Christ, notre espérance, dans le mystère de la Visitation.

La Vierge Marie rend visite à sainte Elisabeth, mais c'est surtout Jésus, dans le sein de sa mère, qui visite son peuple (cf. Lc 1, 68), comme le dit Zacharie dans son hymne de louange.

Après l'étonnement et l'émerveillement face à ce que lui a annoncé l'Ange, Marie se lève et se met en route, comme tous ceux qui sont appelés dans la Bible, car « l'unique acte par lequel l'homme peut correspondre au Dieu qui se révèle, est celui de la disponibilité illimitée » (H.U. von Balthasar, Vocation, Rome 2002, 29). Cette jeune fille d'Israël ne choisit pas de se protéger du monde, ne craint pas les dangers et les jugements des autres, mais va à la rencontre des autres.

Quand on se sent aimé, on fait l'expérience d'une force qui met l'amour en mouvement ; comme le dit l'apôtre Paul, « l'amour du Christ nous saisit » (2 Co 5,14), il nous pousse, il nous met en mouvement. Marie ressent la poussée de l'amour et va aider une femme qui est sa parente, mais aussi une vieille femme qui, après une longue attente, accueille une grossesse inespérée, lourde à gérer à son âge. Mais la Vierge se rend aussi auprès d'Elisabeth pour partager sa foi dans le Dieu de l'impossible et son espérance dans l'accomplissement de ses promesses.

La rencontre entre les deux femmes produit un effet surprenant : la voix de la “pleine de grâce ” qui salue Elisabeth provoque en elle une double bénédiction : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni » (Lc 1,42). Et aussi une béatitude : « Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur » (v. 45).

Face à la reconnaissance de l'identité messianique de son Fils et de sa mission de mère, Marie ne parle pas d'elle-même mais de Dieu et élève une louange pleine de foi, d'espérance et de joie, un chant qui résonne chaque jour dans l'Église lors de la prière des vêpres : le Magnificat (Lc 1, 46-55).

Cette louange du Dieu Sauveur, qui a jailli du cœur de son humble servante, est un mémorial solennel qui synthétise et accomplit la prière d'Israël. Elle est tissée de résonances bibliques, signe que Marie ne veut pas chanter “hors du chœur” mais se mettre au diapason des pères, en exaltant sa compassion envers les humbles, ces petits que Jésus, dans sa prédication, déclarera « bienheureux » (cf. Mt 5, 1-12).

Le Magnificat est aussi un chant de rédemption, qui a pour toile de fond le souvenir de la libération d'Israël de l'Égypte. Les verbes sont tous au passé, imprégnés d'une mémoire d'amour qui embrase de foi le présent et illumine d'espérance l'avenir : Marie chante la grâce du passé, mais elle est la femme du présent qui porte l'avenir en ses entrailles.

La première partie de ce cantique loue l'action de Dieu en Marie, microcosme du peuple de Dieu qui adhère pleinement à l'alliance (v. 46-50) ; la seconde partie embrasse l'œuvre du Père dans le macrocosme de l'histoire de ses enfants (v. 51-55), à travers trois mots-clés : mémoire - miséricorde - promesse.

Le Seigneur, qui s'est penché sur la petite Marie pour faire en elle “de grandes choses” et la rendre mère du Seigneur, a commencé à sauver son peuple à partir de l'exode, en se souvenant de la bénédiction universelle promise à Abraham (cf. Gn 12, 1-3).

Le Seigneur, Dieu fidèle pour toujours, a déversé un flot ininterrompu d'amour miséricordieux « de génération en génération » (v. 50) sur le peuple fidèle à l'alliance, et il manifeste maintenant la plénitude du salut en son Fils, envoyé pour sauver le peuple de ses péchés.

D'Abraham à Jésus-Christ et à la communauté des croyants, la Pâque apparaît donc comme la catégorie herméneutique pour comprendre toute libération ultérieure, jusqu'à celle réalisée par le Messie à la plénitude des temps.

Chers frères et sœurs, demandons aujourd'hui au Seigneur la grâce de savoir attendre l'accomplissement de toute sa promesse et de nous aider à accueillir la présence de Marie dans notre vie.

En nous mettant à son école, puissions-nous tous découvrir que toute âme qui croit et espère « conçoit et engendre le Verbe de Dieu » (Saint Ambroise, Traité sur l'Évangile de S. Luc 2, 26).

29 janvier, 2025

Audience pape François. Le rêve de Joseph

                     


                            PAPE FRANÇOIS

AUDIENCE GÉNÉRALE

Salle Paul VI
Mercredi 29 janvier 20

 

Cycle – Jubilé 2025. 

Jésus-Christ notre espérance. 

I. L’enfance de Jésus 

3. « Tu lui donneras le nom de Jésus » (Mt 1,21). 

L'annonce à Joseph

Chers frères et sœurs, bonjour !

Continuons aujourd'hui à contempler Jésus dans le mystère de ses origines raconté par les Évangiles de l'enfance.

Si Luc nous permet de le faire du point de vue de sa mère, la Vierge Marie, Matthieu se place plutôt dans la perspective de Joseph, l'homme qui assume la paternité légale de Jésus, en le greffant sur le tronc de Jessé et en le reliant à la promesse faite à David.

Jésus, en effet, est l'espérance d'Israël qui se réalise : c'est le descendant promis à David (cf. 2Sam 7,12 ; 1Ch 17,11), qui rend sa maison « bénie à jamais » (2Sam 7,29) ; c'est le rameau qui sort de la souche de Jessé (cf. Is 11,1), le « germe juste » destiné à régner en vrai roi, qui sait exercer le droit et la justice (cf. Jr 23,5 ; 33,15).

Joseph entre en scène dans l'Évangile de Matthieu en tant que fiancé de Marie. Pour les juifs, les fiançailles étaient un véritable lien juridique, qui préparait à ce qui allait se passer environ un an plus tard, la célébration du mariage. C'est à ce moment-là que la femme passe de la garde de son père à celle de son mari, qu'elle emménage avec lui et qu'elle se rend disponible au don de la maternité.

C'est à ce moment-là que Joseph découvre la grossesse de Marie et que son amour est mis à rude épreuve. Face à une telle situation, qui aurait conduit à la rupture des fiançailles, la Loi proposait deux solutions possibles : soit un acte juridique public, comme la convocation de la femme au tribunal, soit un acte privé, comme la remise à la femme d'une lettre de répudiation.

Matthieu définit Joseph comme un homme « juste » (zaddiq), un homme qui vit selon la Loi du Seigneur, qui s'en inspire à chaque occasion de sa vie. Suivant ainsi la Parole de Dieu, Joseph agit de manière pondérée : il ne se laisse pas envahir par des sentiments instinctifs et la peur d'emmener Marie avec lui, mais préfère se laisser guider par la sagesse divine. Il choisit de se séparer de Marie discrètement, c'est-à-dire en privé (cf. Mt 1, 19). Et c’est la sagesse de Joseph qui lui permet de ne pas se tromper et de se rendre ouvert et docile à la voix du Seigneur.

De cette manière, Joseph de Nazareth rappelle un autre Joseph, fils de Jacob, surnommé « seigneur des songes » (cf. Gn 37,19), tant aimé par son père et tant haï par ses frères, que Dieu a élevé en le faisant asseoir à la cour de Pharaon.

De quoi rêve Joseph de Nazareth ? Il rêve du miracle que Dieu accomplit dans la vie de Marie, mais aussi du miracle qu'il accomplit dans sa propre vie : assumer une paternité capable de garder, de protéger et de transmettre un héritage matériel et spirituel. Le sein de son épouse est enceint de la promesse de Dieu, une promesse qui porte un nom dans lequel la certitude du salut est donnée à tous (cf. Ac 4,12).

Dans son sommeil, Joseph entend ces paroles : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ; elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus, car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. » (Mt 1,20-21). Face à cette révélation, Joseph ne demande pas de preuves supplémentaires, il fait confiance. Joseph fait confiance à Dieu, il accepte le rêve de Dieu sur sa vie et celle de sa fiancée. Il entre ainsi dans la grâce de ceux qui savent vivre la promesse divine avec foi, espérance et amour.

Joseph, en tout cela, ne prononce pas de paroles, mais croit, espère et aime. Il ne parle pas avec des “paroles en l'air”, mais avec des actes concrets. Il appartient à la race de ceux que l'apôtre Jacques appelle ceux qui « mettent en pratique la Parole » (cf. Jc 1,22), en la traduisant en actes, en chair, en vie. Joseph fait confiance à Dieu et obéit : « Sa vigilance intérieure pour Dieu ... devient spontanément obéissance » (Benoît XVI, L'enfance de Jésus, Milan-Vatican 2012, 57).

Sœurs, frères demandons, nous aussi au Seigneur la grâce d'écouter plus que de parler, la grâce de rêver les rêves de Dieu et d'accueillir de manière responsable le Christ qui, depuis le moment de notre baptême, vit et grandit dans nos vies. Je vous remercie !

* * *

Je salue cordialement les pèlerins de langue française, en particulier la Communauté Saint-Martin et le Centre Madeleine Daniélou.

Frères et sœurs, demandons au Seigneur la grâce de savoir écouter, de réaliser les rêves de Dieu et d’accueillir avec responsabilité le Christ qui vit et grandit dans notre vie.

Que Dieu vous bénisse !

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APPEL

Je suis préoccupé par l’aggravation de la situation sécuritaire en République démocratique du Congo. J’exhorte toutes les parties en conflit de s’engager pour la cessation des hostilités et pour la sauvegarde de la population civile de Goma et des autres zones affectées par les opérations militaires. Je suis également avec appréhension ce qui se passe dans la capitale, Kinshasa, en espérant que toutes les formes de violence contre les personnes et leurs biens cesseront le plus rapidement possible. Tout en priant pour le rétablissement rapide de la paix et de la sécurité, j’appelle les Autorités locales et la Communauté internationale à tout mettre en œuvre pour résoudre la situation conflictuelle par des moyens pacifiques.

23 janvier, 2025

Audience pape François. Jésus-Christ notre espérance. I.2 L'annonce à Marie

 


PAPE FRANÇOIS

AUDIENCE GÉNÉRALE

Salle Paul VI
Mercredi 22 janvier 2025

 

Cycle – Jubilé 2025. Jésus-Christ notre espérance.

 I. L’enfance de Jésus 

2. L'annonce à Marie. L'écoute et la disponibilité (voir Luc 1, 26-38)

Chers frères et sœurs,

l’Évangile de Luc nous montre la puissance transformatrice de la Parole de Dieu qui rejoint la pauvre maison de Marie.

L’Archange Gabriel est envoyé à Nazareth, en Galilée, à la périphérie d’Israël, il y laisse un message inédit.

Il confie à Marie la mission de porter Jésus dont le nom veut dire « Dieu sauve », rappelant à tous que seul Dieu peut sauver les hommes.

Cet enfant qu’elle porte accomplit les prophéties anciennes, il sera Roi à la manière divine et spirituelle, non de manière humaine et charnelle.

Cette maternité unique trouble Marie, mais elle cherche à comprendre et à discerner.

Elle regarde en elle, au plus profond de son cœur ouvert et sensible, et perçoit l’invitation à la confiance en Dieu.

En acceptant, elle devient alors collaboratrice de Dieu.

Apprenons, comme la Vierge Marie, à écouter, accueillir et conserver la parole de Dieu pour devenir des tabernacles vivants de sa présence pour notre monde.

16 janvier, 2025

Audience 15 janvier 2025. Le travail des enfants.


 

PAPE FRANÇOIS

AUDIENCE GÉNÉRALE

Salle Paul VI
Mercredi 15 janvier 2025

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Catéchèse. Les plus aimés du Père. 2

Speaker :

Chers frères et sœurs, chers enfants,

Jésus donne de l’importance à l’amour des petits, à leur accueil et à leur protection. Pourtant dans notre monde, aujourd’hui, tant d’enfants sont exploités d’une manière ou d’une autre. La maltraitance des enfants n’est pas seulement un fléau sociétal et un crime, mais bien la violation très grave d’un commandement de Dieu.

Ouvrons les yeux sur les petits esclaves de notre monde : le bonheur des plus fragiles construit la paix de tous. Lutter contre l’exploitation des enfants c’est construire un avenir meilleur pour toute la société. Ne soyons pas les complices du travail des enfants. Par notre manière d’investir et de consommer, nous pouvons faire la différence. Souvenons-nous de la parole de Jésus : « Dans la mesure où vous l'avez fait à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait » (Mt 25, 40).

19 décembre, 2024

01 Audiences Jésus-Christ notre espérance. La généalogie de Jésus

 


PAPE FRANÇOIS 

AUDIENCE GÉNÉRALE

Place Saint-Pierre
Mercredi 18 décembre 2024

 

Cycle - Jubilé 2025. Jésus-Christ, notre espérance.

I. L'enfance de Jésus.

1. la généalogie de Jésus (Mt 1,1-17). L'entrée du Fils de Dieu dans l'histoire

 

Chers frères et sœurs, bonjour !

Nous commençons aujourd’hui le cycle de catéchèse qui se développera tout au long de l’Année jubilaire.

Le thème est « Jésus Christ notre espérance » : c’est Lui, en effet, qui est le but de notre pèlerinage, et Lui-même est la voie, le chemin à suivre.

 

La première partie traitera de l’enfance de Jésus, qui nous est racontée par les évangélistes Matthieu et Luc (cf. Mt 1-2 ; Lc 1-2).

 

Les Évangiles de l’enfance racontent la conception virginale de Jésus et sa naissance dans le sein de Marie ; ils rappellent les prophéties messianiques qui se sont accomplies en lui et parlent de la paternité légale de Joseph, qui a greffé le Fils de Dieu sur le « tronc » de la dynastie davidique.

 

Jésus nous est présenté nouveau-né, enfant et adolescent, soumis à ses parents et, en même temps, conscient d’être entièrement dévoué au Père et à son Royaume.

 

La différence entre les deux évangélistes est que si Luc raconte les événements à travers les yeux de Marie, Matthieu le fait à travers ceux de Joseph, en insistant sur cette paternité sans précédent.

 

Matthieu ouvre son Évangile et tout le canon néotestamentaire par la « généalogie de Jésus-Christ, fils de David, fils d’Abraham » (Matthieu 1,1).

Il s’agit d’une liste de noms déjà présents dans les Écritures hébraïques, pour montrer la vérité de l’histoire et la vérité de la vie humaine.

En effet, « La généalogie du Seigneur est constituée d’une histoire vraie, où l’on trouve des noms pour le moins problématiques et où l’on souligne le péché du roi David (cf. Mt 1, 6).

 

Mais tout se termine et s’épanouit en Marie et dans le Christ (cf. Mt 1, 16). »

Apparaît alors la vérité de la vie humaine qui passe d’une génération à l’autre en délivrant trois choses : un nom qui englobe une identité et une mission uniques ; l’appartenance à une famille et à un peuple ; et enfin l’adhésion de foi au Dieu d’Israël.

La généalogie est un genre littéraire, c’est-à-dire une forme appropriée pour transmettre un message très important : personne ne se donne la vie, mais il la reçoit des autres comme un don ; dans ce cas, il s’agit du peuple élu, et ceux qui héritent du dépôt de la foi de leurs pères, en transmettant la vie à leurs enfants, leur transmettent également la foi en Dieu.

 

Mais contrairement aux généalogies de l’Ancien Testament, où seuls les noms masculins apparaissent, parce qu’en Israël c’est le père qui impose le nom à son fils, dans la liste de Matthieu, parmi les ancêtres de Jésus, les femmes apparaissent aussi.

 

Nous en trouvons cinq :

1. Tamar, la belle-fille de Juda qui, restée veuve, se fait passer pour une prostituée pour assurer une descendance à son mari (cf. Gn 38) ;

2. Racab, la prostituée de Jéricho qui permet aux explorateurs juifs d’entrer dans la terre promise et de la conquérir (cf. Jos 2) ;

 

3. Ruth, la Moabite qui, dans le livre homonyme, reste fidèle à sa belle-mère, prend soin d’elle et deviendra l’arrière-grand-mère du roi David ;

 

4. Bethsabée, avec qui David commet l’adultère et qui, après avoir fait tuer son mari, engendre Salomon (cf. 2 Sam 11) ;

 

5. et enfin Marie de Nazareth, épouse de Joseph, de la maison de David : d’elle naît le Messie, Jésus.

 

Les quatre premières femmes sont unies non pas par le fait qu’elles sont pécheresses, comme on le dit parfois, mais par le fait qu’elles sont étrangères au peuple d’Israël.

 

Ce que Matthieu met en évidence, c’est que, comme l’a écrit Benoît XVI, « par leur biais… le monde des gens entre dans la généalogie de Jésus – sa mission auprès des juifs et des païens devient visible ».

 

Tandis que les quatre femmes précédentes sont mentionnées à côté de l’homme qui est né d’elles ou de celui qui l’a engendré, Marie, en revanche, acquiert une importance particulière : elle marque un nouveau commencement, elle est elle-même un nouveau commencement, parce que dans son histoire, ce n’est plus la créature humaine qui est protagoniste de la génération, mais Dieu lui-même.

 

C’est ce qui ressort clairement du verbe « naquit » : « Jacob engendra Joseph, l’époux de Marie, de laquelle fut engendré Jésus, que l’on appelle Christ » (Mt 1,16).

 

Jésus est fils de David, greffé par Joseph dans cette dynastie et destiné à être le Messie d’Israël, mais il est aussi fils d’Abraham et de femmes étrangères, destiné donc à être la « Lumière des nations » (cf. Lc 2,32) et le « Sauveur du monde » (Jn 4,42).

 

Le Fils de Dieu, consacré au Père avec la mission de révéler son visage (cf. Jn 1,18 ; Jn 14,9), entre dans le monde comme tous les fils de l’homme, à tel point qu’à Nazareth il sera appelé « fils de Joseph » (Jn 6,42) ou « fils du charpentier » (Mt 13,55).

Vrai Dieu et vrai homme.

 

Frères et sœurs, réveillons en nous la mémoire reconnaissante envers nos ancêtres.

Et surtout, rendons grâce à Dieu qui, par notre Mère l’Église, nous a engendrés à la vie éternelle, la vie de Jésus, notre espérance.