20 octobre, 2026

Histoire de l'Église. Leçon 11. Matthieu le publicain.

 

Matthieu est le barbu. Dernièrement on dit que Matthieu est le jeune penché sur l'argent.

Saint Matthieu : De la table des impôts à la suite du Christ

 

Source : Catéchèse du Pape Benoît XVI (30 août 2006)



Introduction

Dans notre parcours de l'Histoire de l'Église et des premiers témoins de la foi, nous nous arrêtons aujourd'hui sur une figure fascinante : saint Matthieu, apôtre et évangéliste.

 

Son nom juif signifie « Don de Dieu ». Pourtant, avant de rencontrer le Christ, cet homme était loin d'être considéré comme un cadeau par ses concitoyens. Il exerçait le métier de publicain, c'est-à-dire percepteur d'impôts pour le compte de l'occupant romain.

 

À travers la figure de Matthieu, nous allons découvrir comment la grâce du Seigneur vient nous chercher exactement là où nous sommes, au milieu de notre travail quotidien, pour transformer notre vie.



Point 1 : Le portrait d'un homme rejeté (Le publicain)

·        Ce que nous dit l'Évangile : Matthieu est présent dans toutes les listes des douze Apôtres. Mais le premier Évangile ajoute une précision unique : il l'appelle « Matthieu le publicain » (Mt 10, 3) et le montre assis à son bureau de douane à Capharnaüm.

 

·        Le contexte social et moral : Dans l'Israël du Ier siècle, les publicains étaient méprisés et considérés comme des pécheurs publics. Ils manipulaient de l'argent païen jugé impur, collaboraient avec l'occupant romain et prélevaient souvent des taxes arbitraires. L'opinion publique les associait aux voleurs et aux fraudeurs.

 

·        Le chef-d'œuvre du Caravage : Pour imaginer la scène de son appel (Mt 9, 9), le pape Benoît XVI évoque le célèbre tableau du Caravage à Rome : on y voit Matthieu dans un lieu sombre, entouré d'argent, sur lequel jaillit soudain la lumière du regard et de la main de Jésus.

 

Point 2 : Jésus n'exclut personne de son amitié

·        Le scandale du repas : Après son appel, Matthieu invite Jésus à manger chez lui avec ses collègues pécheurs. Face au scandale des pharisiens moralisateurs, Jésus prononce une parole fondamentale : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Je suis venu appeler non pas les justes, mais les pécheurs » (Mc 2, 17).

 

·        Le vrai visage de l'Évangile : La Bonne Nouvelle n'est pas une récompense accordée aux personnes parfaites, mais l'offre gratuite de la grâce et de la miséricorde de Dieu à ceux qui reconnaissent leurs blessures.

 

·        La parabole du Pharisien et du Publicain : Jésus opposera le pharisien orgueilleux au publicain humble qui n'ose lever les yeux et dit : « Mon Dieu, prends pitié du pécheur que je suis ». C'est ce dernier qui rentre chez lui ajusté à Dieu.

 

Point 3 : Une réponse immédiate et radicale

·        « Il se leva et le suivit » : La brièveté du récit de l'Évangile souligne la promptitude de la réponse de Matthieu. Jésus lui dit simplement : « Suis-moi ». Matthieu abandonne à l'instant son bureau, sa sécurité financière et son statut économique.

 

·        Se lever = Se détacher du péché : Comme le souligne saint Jean Chrysostome, Jésus appelle des gens ordinaires dans leur travail ordinaire (des pêcheurs, un douanier). Mais pour suivre Jésus, Matthieu comprend qu'il doit se détacher immédiatement des activités incompatibles avec la justice et la volonté de Dieu, notamment les richesses malhonnêtes.

 

·        L'attachement aux biens : « Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes... Puis viens, suis-moi » (Mt 19, 21). Matthieu accomplit cela à la lettre : il rompt avec son ancienne vie pour entrer dans la communion avec Jésus.

 

Point 4 : Matthieu, l'auteur du premier Évangile

·        Le témoin devenu rédacteur : La tradition antique de l'Église (dès Papias vers 130 ap. J.-C. et l'historien Eusèbe) attribue unanimement à Matthieu la rédaction du premier Évangile.

 

·        Pour ses frères de race : Matthieu a d'abord prêché aux Juifs. Lorsqu'il a dû partir évangéliser d'autres peuples, il a rédigé son enseignement dans sa langue maternelle (l'araméen ou l'hébreu) pour laisser à sa communauté d'origine un témoignage écrit de la Parole du Seigneur.

 

·        La voix du publicain devenu apôtre : Même si le texte qui nous est parvenu est la version grecque antique, nous y entendons la voix persuasive d'un homme transformé par le pardon, qui veut convaincre ses lecteurs que Jésus est bien le Messie promis.

 

Point 5 : Le paradoxe de la grâce et l'appel pour chacun de nous

·        Du mépris à la sainteté : L'histoire de Matthieu est un paradoxe magnifique : l'homme le plus éloigné de la sainteté selon les critères humains est devenu un Apôtre, un martyr et l'un des quatre Évangélistes dont le nom est chanté à travers les siècles.

 

·        L'initiative de Dieu : Ce n'est pas Matthieu qui a cherché Jésus ; c'est Jésus qui a posé son regard sur lui alors qu'il comptait son argent. Dieu prend toujours l'initiative de l'amour.

 

·        Le Christ toujours contemporain : Comme nous le rappelle l'enseignement de l'Église, le Christ ne parle pas seulement au passé. Aujourd'hui encore, au milieu de nos bureaux, de nos chantiers ou de nos entreprises, Il passe et répète à chacun : « Suis-moi ».

 

·        Pour notre sainteté au quotidien : Votre profession n'est pas un obstacle à la sainteté : c'est votre champ de mission. Devenir saint ne signifie pas quitter son métier, mais l'exercer avec justice, compétence et un profond désir de servir Dieu et son prochain.

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