29 septembre, 2026
Histoire de l'Église. Leçon 8 : saint Jean
8. Saint Jean, l'Apôtre de l'Amour et du
Silence
Introduction
Son nom, typiquement juif, signifie « Le
Seigneur a fait grâce ». Jean est connu dans toute la tradition comme « le
disciple bien-aimé », l'homme de la grande intimité avec Jésus, le théologien
du silence et le témoin de l'Amour.
1. La position privilégiée de Jean dans
le groupe des Douze
Jean travaille au bord du lac de
Tibériade comme pêcheur. Il est en train de réparer ses filets avec son frère
Jacques lorsque Jésus passe et l'appelle. Tout de suite, Jean laisse ses filets
pour suivre le Maître.
Très vite, Jean fait partie du cercle le
plus proche de Jésus, aux côtés de son frère Jacques et de Simon-Pierre. Jésus
emmène ce petit groupe lors des événements les plus marquants de sa vie :
·
Lors de la guérison de la belle-mère de
Pierre à Capharnaüm.
·
Lors de la résurrection de la fille de
Jaïre.
·
Sur la montagne, pendant la
Transfiguration, où la gloire de Jésus se révèle.
·
Sur le Mont des Oliviers, lorsque Jésus
parle de la fin des temps.
·
Dans le jardin de Gethsémani, pour prier
au moment de l'agonie avant la Passion.
·
Et c'est à Jean et Pierre que Jésus
confie la préparation de la salle de la Cène pour le repas de Pâques.
Cette proximité explique pourquoi la
mère de Jean et Jacques s'approche un jour de Jésus pour demander une faveur :
que ses deux fils siègent l'un à sa droite et l'autre à sa gauche dans son
Royaume.
Jésus répond en posant une question
exigeante : « Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire ? » Jésus
veut faire comprendre à Jean que suivre le Messie ne signifie pas chercher des
honneurs humains ou des places de pouvoir, mais accepter de servir, de donner
sa vie et d'être témoin jusqu'au don du sang.
2. Le disciple bien-aimé : l'amitié
personnelle avec Jésus
Selon la tradition, Jean est « le
disciple que Jésus aimait ». Lors de la Cène, au moment du dernier repas, c'est
lui qui pose sa tête sur la poitrine de Jésus dans un geste de confiance et
d'affection totale.
Pour nous aujourd'hui, cette image porte
un enseignement spirituel très fort. Jésus ne désire pas seulement des
serviteurs qui exécutent des ordres ; Il veut faire de chacun de nous un ami
personnel. Comme Il le dit Lui-même dans l'Évangile : « Je ne vous appelle
plus serviteurs... mais je vous appelle mes amis » (Jn 15, 15).
Pour vivre cette amitié avec le Christ,
il ne suffit pas de l'écouter de manière extérieure ou de suivre des règles par
habitude. Il faut vivre avec Lui, partager sa vie, lui ouvrir son cœur avec une
confiance absolue. Jean nous montre comment reposer sur le Cœur de Jésus pour
puiser à la source même de l'Amour.
3. Au pied de la Croix et témoin de la
Résurrection
Pendant la Passion, alors que la plupart
des disciples s'enfuient par peur, Jean reste présent. Il suit Jésus jusqu'au
Calvaire et se tient debout au pied de la Croix, auprès de Marie, la Mère de
Jésus.
C'est là que Jésus accomplit un acte
d'une immense portée : Il confie sa Mère à Jean, et Il confie Jean à sa Mère.
En la personne de Jean, c'est chacun d'entre nous qui reçoit Marie comme Mère
spirituelle.
Le matin de Pâques, quand
Marie-Madeleine annonce que le tombeau est vide, Jean court avec Pierre. Il
arrive le premier au tombeau, regarde à l'intérieur, et l'Évangile nous dit une
phrase magnifique : « Il vit, et il crut ».
Quelques jours plus tard, au bord du
lac, alors que les disciples ont pêché toute la nuit sans rien prendre, un
homme leur parle depuis la rive. Grâce à la finesse de son amour, Jean est le
tout premier à reconnaître le Maître et dit à Pierre : « C'est le Seigneur !
» L'amour donne une intuition spirituelle qui permet de reconnaître la
présence de Jésus dans notre quotidien.
4. Un « pilier » de la première
communauté chrétienne
Après la Résurrection et la Pentecôte,
Jean devient un guide majeur de la toute première communauté chrétienne à
Jérusalem. Saint Paul, dans sa lettre aux Galates, qualifie Jean, Pierre et
Jacques de « piliers » de l'Église.
Dans le livre des Actes des Apôtres,
nous voyons souvent Jean marcher aux côtés de Pierre :
·
Ils vont ensemble au Temple pour prier
et guérissent un homme boiteux.
·
Ils sont arrêtés et traduits devant le
Sanhédrin (le tribunal religieux) pour avoir annoncé la résurrection de Jésus.
·
Ils sont envoyés en Samarie pour prier
afin que les nouveaux croyants reçoivent l'Esprit Saint.
Devant les juges qui leur interdisent de
parler de Jésus, Pierre et Jean répondent avec un courage exemplaire : «
Quant à nous, il nous est impossible de ne pas dire ce que nous avons vu et
entendu » (Ac 4, 20).
Cette liberté d'esprit et cette
franchise sont un modèle pour chaque chrétien. Jean nous enseigne à placer la
foi et la vérité au-dessus de tout calcul humain ou de la peur du regard des
autres.
5. Le culte de saint Jean : l'école du
silence et de la contemplation.
Selon la tradition, saint Jean a vécu
ses dernières années à Éphèse (dans l'actuelle Turquie), où il est mort à un
âge très avancé sous le règne de l'empereur Trajan. Au VIe siècle, l'empereur
Justinien y a fait construire une immense basilique en son honneur.
Dans l'Église d'Orient, saint Jean jouit
d'une vénération toute particulière. Dans les icônes byzantines, il est souvent
représenté sous les traits d'un vieillard au regard profond, portant son doigt
à la bouche pour inviter au silence.
Ce geste est fondamental : sans le
silence et le recueillement, il est impossible de rentrer dans le mystère de
Dieu. Le Patriarche Athénagoras disait à ce sujet que Jean est à l'origine de
la plus haute spiritualité, la spiritualité des « silencieux » dont le cœur
s'enflamme dans l'échange discret avec Dieu.
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