Saint Jacques
Apôtre : Du désir de grandeur à la vraie sainteté
Source :
Catéchèse du Pape Benoît XVI (21 juin 2006)
Introduction
Dans notre parcours de
l'Histoire de l'Église, nous continuons de découvrir les premiers fondements
posés par les Apôtres. Après saint Pierre et saint André, nous nous arrêtons
aujourd'hui sur une figure magnifique : saint Jacques le Majeur, fils de
Zébédée et frère de saint Jean.
Pourquoi
l'appelle-t-on « le Majeur » ? Ce n'est pas parce qu'il était plus saint que
l'autre Jacques (le fils d'Alphée), mais simplement en raison de la place
importante qu'il occupe dans les Évangiles.
À travers sa vie, nous
allons voir comment Jésus prend un jeune homme plein d'ambition humaine et le
transforme, pas à pas, en un grand saint.
Point 1 : Un ami du
cercle intime de Jésus
- Ce que nous dit
l'Histoire : Dans l'Évangile, Jacques fait partie d'un groupe très
particulier. Avec Pierre et son frère Jean, il est l'un des trois
disciples préférés que Jésus prend avec lui lors des moments clés de son
ministère.
- Ce qu'il faut comprendre
: Jésus ne fait pas de favoritisme injuste, mais Il prépare ces trois
hommes à porter une responsabilité particulière dans la première
communauté chrétienne. Jacques a ainsi eu le privilège d'écouter le Maître
de plus près et d'observer son cœur.
Être saint, c'est accepter l'invitation de
Jésus à entrer dans son intimité. Dans votre vie professionnelle bien chargée,
prenez-vous ce temps chaque jour pour être dans le « cercle intime » du
Seigneur par une prière personnelle et régulière ?
Point 2 : La Gloire
et la Croix
- Ce que nous dit
l'Histoire : Jacques a été témoin des deux événements les plus opposés
de la vie de Jésus :
- La Transfiguration :
Il voit la gloire divine de Jésus sur la montagne, entouré de lumière.
- L'Agonie à Gethsémani :
Il voit ce même Jésus effondré par la souffrance et la peur avant sa
Passion.
- La transformation de
Jacques : Au début, Jacques s'attendait à un Messie glorieux et
triomphant. Mais en voyant la souffrance de Jésus, l'Esprit Saint a
corrigé sa vision : la vraie gloire de Dieu se manifeste dans l'amour qui
va jusqu'au bout, jusque sur la Croix.
- Pour notre sainteté au
quotidien : Dans le travail ou dans la vie personnelle, nous aimons
tous les succès et la reconnaissance (la « Transfiguration »). Mais la
sainteté mûrit aussi dans les moments de fatigue, d'échec ou d'épreuve
(notre « Gethsémani »). La vraie sérénité s'acquiert quand on apprend à
découvrir la présence du Christ même au milieu des difficultés
quotidiennes.
Point 3 : Corriger
nos ambitions humaines
- Ce que nous dit
l'Histoire : Au début de sa marche avec le Seigneur, Jacques avait des
idées très humaines sur la réussite. L'Évangile raconte que sa mère est
venue demander à Jésus que ses deux fils siègent aux places d'honneur
(l'un à droite, l'autre à gauche) dans son Royaume.
- La réponse de Jésus :
Jésus ne le chasse pas, mais Il réoriente son désir : « Pouvez-vous
boire le calice que je vais boire ? » Jacques répond avec enthousiasme
: « Nous le pouvons ! » Il a fallu du temps pour qu'il comprenne
que régner avec le Christ, c'est servir et donner sa vie.
- Pour notre sainteté au
quotidien : Il est normal d'avoir des ambitions professionnelles, mais
la sainteté consiste à purifier nos intentions. Cherchons-nous notre
propre gloire ou le service des autres ? Devenir saint dans son métier,
c'est mettre ses compétences au service de ses collègues et du bien
commun, sans chercher les premières places à tout prix.
Point 4 : Le
premier Apôtre martyr (Le témoignage suprême)
- Ce que nous dit
l'Histoire : L'enthousiasme de Jacques s'est transformé en une
fidélité totale. Vers l'an 42, le roi Hérode Agrippa déclenche une
persécution contre l'Église naissante. Il fait arrêter Jacques et le
condamne à être décapité (Actes 12, 1-2).
- La leçon du texte : Jacques
est le tout premier des douze Apôtres à verser son sang pour le Christ. La
brièveté du récit dans le livre des Actes montre qu'il était naturel pour
les premiers chrétiens de donner leur vie par amour pour le Seigneur.
- Pour notre sainteté au
quotidien : On ne vous demandera probablement pas de verser votre sang
demain, mais la sainteté exige un « petit martyre » quotidien : le courage
d'être cohérent avec sa foi chrétienne au travail, le refus du mensonge ou
des compromis faciles, et l'audace de témoigner de la joie de l'Évangile
autour de soi.
Point 5 : Le
pèlerin de la Bonne Nouvelle (Compostelle)
- Ce que nous dit
l'Histoire : Une tradition ancienne raconte que Jacques est allé
évangéliser l'Espagne, et que ses reliques reposent aujourd'hui à
Saint-Jacques-de-Compostelle. C'est pourquoi on le représente souvent avec
le bâton de pèlerin et le rouleau de l'Évangile.
- Le symbole de la vie
chrétienne : Cette image rappelle que le chrétien est un pèlerin. La
vie sur terre n'est pas une installation définitive, mais une marche vers
le Ciel en annonçant la Bonne Nouvelle.
- Pour notre sainteté au
quotidien : Ne restons pas immobiles dans nos habitudes. L'appel à la
sainteté est un chemin dynamique, une nouvelle vie qui se
renouvelle chaque matin. Chaque journée de travail est une étape de ce
pèlerinage où nous sommes invités à transmettre la lumière du Christ par
notre exemple et notre amitié.
Conclusion et
pistes concrètes
Saint Jacques nous
enseigne la générosité : il a tout quitté pour suivre Jésus, il a accepté de
corriger ses défauts et il est allé jusqu'au bout.
Voici 3 résolutions
concrètes :
- La promptitude :
Dire « oui » immédiatement à Jésus dans nos devoirs quotidiens et notre
prière, sans remettre à plus tard.
- Le sens du service :
Dans une tâche professionnelle cette semaine, chercher discrètement à
servir un collègue plutôt qu'à briller.
- L'esprit de pèlerin :
Garder le sourire et la sérénité face aux imprévus, en se rappelant que
nos petites difficultés d'aujourd'hui s'inscrivent dans une marche plus
grande vers le Ciel.
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