Les Apôtres
sont les « experts » de Jésus, choisis pour être ses témoins privilégiés et les
fondations de son Église.
- Pierre : Premier du groupe, il
reçoit le nom de Képha (le rocher), ce qui constitue un
mandat. Le Seigneur lui confie le primat de juridiction à
travers trois métaphores : le fondement rocheux de
l'édifice ecclésial, le pouvoir des clefs pour ouvrir ou
fermer le Royaume, et l'autorité de lier et délier pour
régir la vie de la communauté. Sa mission est d'être le gardien de
la communion avec le Christ, garantissant que la chaîne de la foi
ne se brise jamais.
- André : Frère de Pierre et Protóklitos (premier
appelé), son nom grec témoigne d'une ouverture culturelle vers le monde
hellénique. Homme de recherche et d'espérance, il est l'apôtre du monde
grec. Le lien fraternel entre Pierre et André préfigure la relation entre
les Églises-sœurs de Rome et de Constantinople. Sa mort
sur une croix décussée symbolise une pleine assimilation au Rédempteur, le
« grain de blé tombé en terre ».
- Jacques le Majeur et Jacques le
Mineur :
- Jacques le Majeur (fils de Zébédée) passe du
triomphalisme de la Transfiguration à l'humiliation partagée de l'agonie
au Gethsémani, comprenant que la gloire du Christ se réalise dans la
souffrance.
- Jacques le Mineur (fils d'Alphée), « frère »
du Seigneur au sens sémite, fut une « colonne » de l'Église de Jérusalem.
Au Concile de Jérusalem, il fut l'artisan de la solution
intégrant les païens en les dispensant des préceptes cérémoniaux mosaïques,
ne demandant que l'abstention de la chair sacrifiée aux idoles et de l'impudicité.
Sa lettre rappelle que « la foi qui n'agit pas est morte ».
- Jean : Le « disciple bien-aimé »
qui vécut une amitié personnelle intense avec le Seigneur. Loin de toute
abstraction philosophique, il témoigne que Dieu est Amour. En
tant que voyant de l'Apocalypse, il contemple l'Agneau immolé
qui, bien que semblant faible, se tient « debout » comme vainqueur
définitif de l'histoire.
- Matthieu et Philippe :
- Matthieu, dont le nom juif est Lévi,
signifie « Don de Dieu ». Son passé de publicain
(pécheur public) démontre que Jésus n'exclut personne de son amitié et
que la grâce est offerte à tous.
- Philippe, originaire de Bethsaïde, est
le témoin de l'expérience directe. Son invitation « Viens et vois »
souligne que la vérité de Jésus ne s'apprend pas en théorie, mais par une
fréquentation familière.
- Thomas et Barthélemy :
- Thomas (étymologiquement ta’am en
araméen et Didyme en grec, signifiant « jumeau »)
transforme ses doutes en la profession de foi la plus splendide du
Nouveau Testament : « Mon Seigneur et mon Dieu ! ».
- Barthélemy est un patronyme
signifiant bar Talmay. Identifié à Nathanaël, cet homme sans
fraude apprend sous le figuier que Dieu surprend toujours nos attentes.
- Simon le Zélote et Jude Thaddée : Leur binôme illustre la
capacité de l'Église à réconcilier les contraires (le zèle nationaliste de
Simon face à la perspective de Jude). Jude Thaddée enseigne
que le Ressuscité doit être perçu avec le cœur et se manifeste à ceux qui
l'aiment.
- Judas Iscariote et Matthias : Le mystère de la trahison
de Judas rappelle que Dieu respecte la liberté humaine et
que l'on peut déchoir de la plus haute vocation en cédant à
l'individualisme. Matthias, témoin de la vie du Christ, est
choisi pour le remplacer afin de maintenir l'intégrité du Collège
apostolique et de contrebalancer le mal par la fidélité.

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