10 août, 2026

Histoire de l'Église 01. Les Douze

 


LES DOUZE



Introduction : Benoît XVI (15 mars 2006)

« Il institua les Douze pour former le nouveau Peuple de Dieu, l'Église »

 

1. Une finalité communautaire contre l'individualisme

 

L’Église prend racine dans l'appel personnel du Christ adressé à des pêcheurs de Galilée, invités à devenir « pêcheurs d'hommes ».

Cependant, l'action du Christ ne s'arrête pas à la seule sphère individuelle. Comme le souligne Benoît XVI, réduire le Royaume de Dieu à une simple expérience intérieure — idée portée par la théologie libérale du XIXe siècle — est une lecture unilatérale et moderne qui dénature l'Évangile.

Dans la continuité de la tradition biblique, la mission du Fils incarné possède une finalité profondément communautaire et sociale.

Jésus s'adresse en premier lieu à Israël dans le but de rassembler, de purifier et de réunir l'humanité dispersée. L'appel du Sauveur exige certes une conversion du cœur, mais il vise continuellement la formation et la salvation du Peuple de Dieu. La lumière du visage du Christ est ainsi appelée à se refléter pleinement sur le visage de toute la communauté croyante.

 

2. L'institution des Douze comme acte fondateur

 

Pour concrétiser le rassemblement du Peuple de Dieu, Jésus accomplit un geste prophétique majeur : l'institution des Douze. En choisissant ce nombre précis, qui évoque directement les douze tribus d'Israël, le Christ signifie clairement la reconstitution du peuple saint dans les temps définitifs.

Ces hommes sont introduits dans une communion intime de vie avec le Maître afin d'être les témoins et les annonceurs de l'avènement du Royaume. L'historicité de cet appel est incontestable, attestée jusque dans la présence troublante de Judas au sein du groupe. Lors de la Dernière Cène, en leur confiant le mémorial de son sacrifice, Jésus pose l'acte de fondation de son Église. Il transfère à ses chefs la mission d'être, à travers l'histoire, le signe efficace du rassemblement eschatologique. À la Résurrection, par le souffle de l'Esprit Saint et le pouvoir de pardonner les péchés, ce peuple restreint devient la sainte Église universelle.

 

3. L'inséparabilité mystique du Christ et de son Église

 

L'existence du collège apostolique constitue la garantie absolue qu'aucune opposition ne peut exister entre le Christ et son Église. Le slogan séduisant mais superficiel « Jésus oui, l'Église non » apparaît en totale contradiction avec l'intention originelle de Jésus de Nazareth.

Un Christ isolé et individualiste est une pure construction de la fantaisie humaine, détaché du mouvement réel de l'Incarnation. Entre le Fils de Dieu fait chair et le Peuple saint qu'il a constitué, il subsiste une continuité profonde, indissoluble et mystérieuse. En dépit des limites, des faiblesses et des péchés des hommes qui la composent, l'Église demeure le corps vivant où le Seigneur se donne et se transmet. Par la succession des Apôtres, le Christ reste notre contemporain, présent dans la célébration des mystères et au sein de la communauté. Cette présence permanente du Ressuscité au milieu des siens est la source inépuisable de la joie chrétienne.

 

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