LÉON XIV
AUDIENCE GÉNÉRALE Place
Saint-Pierre. Mercredi 25 mars
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Catéchèse. Les Documents du Concile Vatican II II.
La Constitution
dogmatique Lumen gentium
5. Sur le fondement des Apôtres. L'Église dans sa
dimension hiérarchique
Chers frères et sœurs, bonjour et bienvenue !
Nous poursuivons notre catéchèse sur les documents
du Concile Vatican II en
commentant la Constitution dogmatique Lumen gentium sur
l’Église (LG). Après l’avoir présentée comme peuple de Dieu, nous examinons
aujourd’hui sa structure hiérarchique.
L’Église catholique trouve son fondement dans les
Apôtres, voulus par le Christ comme colonnes vivantes de son Corps mystique, et possède une dimension
hiérarchique qui travaille au service de l’unité, de la mission
et de la sanctification de tous ses membres.
Cet Ordre sacré est fondé de manière permanente sur les
Apôtres (cf. Ep 2, 20 ; Ap 21,14), en tant
que témoins accrédités de la résurrection de Jésus (cf. Ac 1,22
; 1 Co 15,7) et envoyés par le Seigneur lui-même en mission
dans le monde (cf. Mc 16,15; Mt 28,19).
Puisque les Apôtres sont appelés à garder fidèlement l’enseignement salvifique
du Maître (cf. 2Tm 1, 13-14), ils transmettent leur ministère
à des hommes qui, jusqu’au retour du Christ, continuent à sanctifier, guider et
instruire l’Église « grâce à leurs successeurs dans la mission
pastorale » (CEC, n° 857).
Cette succession apostolique, fondée sur l’Évangile et la
Tradition, est approfondie au chapitre III de Lumen gentium,
intitulé « La constitution hiérarchique de l’Église et en particulier
de l’épiscopat ».
Le Concile enseigne que la structure hiérarchique n’est
pas une construction humaine, fonctionnelle à l’organisation interne de
l’Église en tant que corps social (cf. LG, 8), mais une institution divine visant
à perpétuer la mission confiée par le Christ aux Apôtres jusqu’à la fin des
temps.
Le fait que ce thème soit abordé au chapitre III, après
que les deux premiers ont contemplé l’essence proprement dite de l’Église
(cf. Acta Synodalia III/1, 209-210), n’implique pas que la
constitution hiérarchique soit un élément postérieur au peuple de Dieu : comme
le note le décret Ad gentes, « les Apôtres furent
simultanément la semence du nouvel Israël et l’origine de la hiérarchie
sacrée » (n° 5), en tant que communauté des rachetés par la Pâque du
Christ, établie comme moyen de salut pour le monde.
Pour saisir l’intention du Concile, il convient de lire
attentivement le titre du chapitre III de Lumen gentium, qui
expose la structure fondamentale de l’Église, reçue de Dieu le Père par
l’intermédiaire du Fils et parvenue à son accomplissement par l’effusion de
l’Esprit-Saint.
Les Pères conciliaires n’ont pas voulu présenter les
éléments institutionnels de l’Église, comme pourrait le laisser entendre le
substantif “constitution” compris au sens moderne.
Le document se
concentre plutôt sur le « sacerdoce ministériel ou hiérarchique »,
qui diffère « essentiellement et non seulement de degré » du
sacerdoce commun des fidèles, en rappelant que ceux-ci sont « ordonnés l’un à
l’autre, l’un et l’autre, en effet, chacun selon son mode propre, participent
de l’unique sacerdoce du Christ » (LG, 10).
Le Concile traite donc du ministère qui est transmis à
des hommes investis de la sacra potestas (cf. LG, 18) du pouvoir
sacré pour le service dans l’Église : il s’attarde en particulier sur
l’épiscopat (LG, 18-27), puis
sur le presbytérat (LG, 28) et sur le
diaconat (LG, 29) en tant que
degrés de l’unique sacrement de l’Ordre.
Par l’adjectif “hiérarchique ”, le Concile entend donc
désigner l’origine sacrée du ministère apostolique dans l’action de Jésus, le
Bon Pasteur, ainsi que ses relations internes.
Les évêques, en premier lieu, et à travers eux les
prêtres et les diacres, ont reçu des tâches (en latin munera) qui
les conduisent au service de « tous ceux qui appartiennent au Peuple de Dieu »,
afin qu’ils « tendent dans leur effort commun, libre et ordonné, vers une même
fin et parviennent au salut » (LG, 18).
Lumen gentium rappelle
à plusieurs reprises et de manière efficace le caractère collégial et
communionnel de cette mission apostolique, en réaffirmant que cette
« charge, confiée par le Seigneur aux pasteurs de son peuple, est un
véritable service : dans la Sainte Écriture, il est appelé expressément
“diakonia”, c’est-à-dire ministère » (LG, 24).
On comprend alors pourquoi Saint Paul VI a présenté
la hiérarchie comme une réalité « née de la charité du Christ, pour
accomplir, diffuser et garantir la transmission intacte et féconde du trésor de
la foi, des exemples, des préceptes, des charismes, laissé par le Christ à son
Église » (Alloc. 14 sept. 1964, in Acta
Synodalia III/1, 147).
Chères sœurs et chers frères, prions le Seigneur afin
qu’il envoie à son Église des ministres qui soient ardents de charité
évangélique, dévoués au bien de tous les baptisés et courageux missionnaires
partout dans le monde.
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