Cycle de catéchèse – Jubilé 2025. Jésus-Christ, notre
espérance.
IV. La résurrection du Christ et les défis du monde
contemporain. 7. La Pâque de Jésus-Christ : la réponse définitive à la
question de notre mort.
Chers frères et sœurs, bonjour ! Bienvenue à tous !
Le mystère de la mort a
toujours suscité de profondes interrogations chez les êtres humains.
En effet, il
semble être l’événement le plus naturel et en même temps le plus contre nature
qui soit.
Il est naturel, car tout être vivant sur terre meurt. Il
est contre nature, car le désir de vie et d’éternité que nous ressentons tous
pour nous-mêmes et pour les personnes que nous aimons nous fait voir la mort
comme une condamnation, comme une « contradiction ».
De nombreux peuples anciens ont développé des rites et
des coutumes liés au culte des morts, pour accompagner et se souvenir de ceux
qui ont voyagé vers le mystère suprême.
Aujourd’hui, cependant, nous observons une tendance
différente. La mort semble être une sorte de tabou, un événement à tenir à
distance, dont il faut parler à voix basse, pour ne pas troubler notre
sensibilité et notre tranquillité.
C’est souvent pour cette raison que nous évitons de nous
rendre dans les cimetières, où ceux qui nous ont quittés reposent en attendant
la résurrection.
Alors, qu’est-ce que
la mort ? Est-elle vraiment le dernier mot sur nos vies ?
Seuls les êtres humains se posent cette question, car eux
seuls savent qu’ils doivent mourir.
Mais cette conscience ne les sauve pas de la mort ; au
contraire, dans un certain sens, elle les « accable » par rapport aux autres
créatures vivantes. Les animaux souffrent, bien sûr, et ils se rendent compte
que la mort est proche, mais ils ne savent pas que la mort fait partie de leur
destin. Ils ne s’interrogent pas sur le sens, le but et l’issue de la vie.
Compte tenu de cet aspect, on pourrait alors penser que
nous sommes des créatures paradoxales et malheureuses, non seulement parce que
nous mourons, mais aussi parce que nous sommes certains que cet événement se
produira, même si nous ne savons ni comment ni quand.
Nous nous trouvons conscients et en même temps
impuissants. C’est probablement là que trouvent leur origine les fréquentes
répressions et fuites existentielles face à la question de la mort.
Saint Alphonse Marie de Liguori, dans son célèbre ouvrage
Préparation à la mort, réfléchit à la valeur pédagogique de la mort, soulignant
qu’elle peut être un grand maître de vie.
Savoir qu’elle existe, et surtout y réfléchir, nous
apprend à choisir ce que nous voulons vraiment faire de notre existence.
Prier, afin de
comprendre ce qui est bénéfique en vue du royaume des cieux, et abandonner
le superflu qui nous lie aux choses éphémères, est le secret pour vivre
authentiquement, dans la conscience que notre passage sur terre nous prépare à
l’éternité.
Et pourtant, de nombreuses visions anthropologiques actuelles promettent des
immortalités immanentes, théorisent le prolongement de la vie terrestre par la
technologie.
C’est le scénario du transhumain, qui se fraie un
chemin à l’horizon des défis de notre temps. La mort pourrait-elle vraiment
être vaincue par la science ? Mais ensuite, cette même science pourrait-elle
nous garantir qu’une vie sans mourir soit aussi une vie heureuse ?
L’événement de la Résurrection du Christ nous révèle que
la mort ne s’oppose pas à la vie, mais qu’elle en est une partie constitutive,
comme passage vers la vie éternelle. La Pâque de Jésus nous fait goûter
à l’avance, en ce temps encore rempli de souffrances et d’épreuves, la
plénitude de ce qui adviendra après la mort.
L’évangéliste Luc semble saisir ce présage de lumière
dans l’obscurité lorsque, à la fin de cet après-midi où les ténèbres avaient
enveloppé le Calvaire, il écrit : « C’était le jour de la Préparation et déjà
resplendissaient les lumières du sabbat » (Lc 23,54).
Cette lumière, qui anticipe le matin de Pâques, brille
déjà dans les obscurités d’un ciel qui paraît encore fermé et muet. Les
lumières du sabbat, pour la première et unique fois, annoncent l’aube du jour
après le sabbat : la lumière nouvelle de la Résurrection. Seul cet événement
est capable d’éclairer jusqu’au fond le mystère de la mort. Dans cette lumière,
et seulement en elle, devient vrai ce que notre cœur désire et espère : que la
mort ne soit pas la fin, mais le passage vers la lumière pleine, vers une
éternité heureuse.
Le Ressuscité nous a précédés dans la grande épreuve de
la mort, en en sortant victorieux grâce à la puissance de l’Amour divin. Ainsi,
il nous a préparé le lieu du repos éternel, la maison où nous sommes attendus ;
il nous a donné la plénitude de la vie où il n’y a plus d’ombres ni de
contradictions.
Grâce à Lui, mort et ressuscité par amour, avec saint
François nous pouvons appeler la mort « sœur ». L’attendre avec la certitude de
la Résurrection nous préserve de la peur de disparaître pour toujours et nous
prépare à la joie de la vie sans fin.

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