15 décembre, 2025

Audience du pape Léon XIV. 10 décembre 2025. Le mystère de la mort.

 


Cycle de catéchèse – Jubilé 2025. Jésus-Christ, notre espérance.

 

IV. La résurrection du Christ et les défis du monde contemporain. 7. La Pâque de Jésus-Christ : la réponse définitive à la question de notre mort.

 

Chers frères et sœurs, bonjour ! Bienvenue à tous !

Le mystère de la mort a toujours suscité de profondes interrogations chez les êtres humains.

 En effet, il semble être l’événement le plus naturel et en même temps le plus contre nature qui soit.

Il est naturel, car tout être vivant sur terre meurt. Il est contre nature, car le désir de vie et d’éternité que nous ressentons tous pour nous-mêmes et pour les personnes que nous aimons nous fait voir la mort comme une condamnation, comme une « contradiction ».

De nombreux peuples anciens ont développé des rites et des coutumes liés au culte des morts, pour accompagner et se souvenir de ceux qui ont voyagé vers le mystère suprême.

Aujourd’hui, cependant, nous observons une tendance différente. La mort semble être une sorte de tabou, un événement à tenir à distance, dont il faut parler à voix basse, pour ne pas troubler notre sensibilité et notre tranquillité.

C’est souvent pour cette raison que nous évitons de nous rendre dans les cimetières, où ceux qui nous ont quittés reposent en attendant la résurrection.

Alors, qu’est-ce que la mort ? Est-elle vraiment le dernier mot sur nos vies ?

Seuls les êtres humains se posent cette question, car eux seuls savent qu’ils doivent mourir.

Mais cette conscience ne les sauve pas de la mort ; au contraire, dans un certain sens, elle les « accable » par rapport aux autres créatures vivantes. Les animaux souffrent, bien sûr, et ils se rendent compte que la mort est proche, mais ils ne savent pas que la mort fait partie de leur destin. Ils ne s’interrogent pas sur le sens, le but et l’issue de la vie.

Compte tenu de cet aspect, on pourrait alors penser que nous sommes des créatures paradoxales et malheureuses, non seulement parce que nous mourons, mais aussi parce que nous sommes certains que cet événement se produira, même si nous ne savons ni comment ni quand.

Nous nous trouvons conscients et en même temps impuissants. C’est probablement là que trouvent leur origine les fréquentes répressions et fuites existentielles face à la question de la mort.

Saint Alphonse Marie de Liguori, dans son célèbre ouvrage Préparation à la mort, réfléchit à la valeur pédagogique de la mort, soulignant qu’elle peut être un grand maître de vie.

Savoir qu’elle existe, et surtout y réfléchir, nous apprend à choisir ce que nous voulons vraiment faire de notre existence.

 Prier, afin de comprendre ce qui est bénéfique en vue du royaume des cieux, et abandonner le superflu qui nous lie aux choses éphémères, est le secret pour vivre authentiquement, dans la conscience que notre passage sur terre nous prépare à l’éternité.

Et pourtant, de nombreuses visions anthropologiques actuelles promettent des immortalités immanentes, théorisent le prolongement de la vie terrestre par la technologie.

C’est le scénario du transhumain, qui se fraie un chemin à l’horizon des défis de notre temps. La mort pourrait-elle vraiment être vaincue par la science ? Mais ensuite, cette même science pourrait-elle nous garantir qu’une vie sans mourir soit aussi une vie heureuse ?

L’événement de la Résurrection du Christ nous révèle que la mort ne s’oppose pas à la vie, mais qu’elle en est une partie constitutive, comme passage vers la vie éternelle. La Pâque de Jésus nous fait goûter à l’avance, en ce temps encore rempli de souffrances et d’épreuves, la plénitude de ce qui adviendra après la mort.

L’évangéliste Luc semble saisir ce présage de lumière dans l’obscurité lorsque, à la fin de cet après-midi où les ténèbres avaient enveloppé le Calvaire, il écrit : « C’était le jour de la Préparation et déjà resplendissaient les lumières du sabbat » (Lc 23,54).

Cette lumière, qui anticipe le matin de Pâques, brille déjà dans les obscurités d’un ciel qui paraît encore fermé et muet. Les lumières du sabbat, pour la première et unique fois, annoncent l’aube du jour après le sabbat : la lumière nouvelle de la Résurrection. Seul cet événement est capable d’éclairer jusqu’au fond le mystère de la mort. Dans cette lumière, et seulement en elle, devient vrai ce que notre cœur désire et espère : que la mort ne soit pas la fin, mais le passage vers la lumière pleine, vers une éternité heureuse.

Le Ressuscité nous a précédés dans la grande épreuve de la mort, en en sortant victorieux grâce à la puissance de l’Amour divin. Ainsi, il nous a préparé le lieu du repos éternel, la maison où nous sommes attendus ; il nous a donné la plénitude de la vie où il n’y a plus d’ombres ni de contradictions.

Grâce à Lui, mort et ressuscité par amour, avec saint François nous pouvons appeler la mort « sœur ». L’attendre avec la certitude de la Résurrection nous préserve de la peur de disparaître pour toujours et nous prépare à la joie de la vie sans fin.


 

 

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