Pourquoi Dieu permet la souffrance des enfants ?
L'Église catholique dit que Dieu est
Bon et que, même s'il permet le mal et la souffrance, sa Providence
est telle qu'il peut en tirer un bien plus grand, un mystère qui trouve
sa pleine lumière en Jésus-Christ.
L'enseignement catholique sur ce
sujet s'articule autour de plusieurs points fondamentaux.
Le Plan de Dieu c'est le Bonheur, le Paradis.
Mais la liberté peut mal tourner.
Dieu nous donne l'antidote : la mort.
Dieu nous donne le vaccin : la souffrance.
La maman qui console son bebé souffrant, applique le vaccin qui peut guérir sa liberté.
Dieu n'est pas l'auteur du Mal.
L'Église soutient que Dieu, étant le
Bien suprême, n'est absolument pas responsable ni l'auteur du mal. Le
mal n'est pas une création de Dieu ; il est plutôt une privation ou une défaillance
d'un bien dû.
- Mal moral (péché) : Il est la
conséquence de la liberté donnée à l'homme et aux anges. La
responsabilité du péché incombe entièrement à la créature qui s'est
détournée de son Créateur.
- Mal physique (maladie, souffrance, mort) : Il
est considéré comme une conséquence de la chute originelle (péché
originel) qui a brisé l'harmonie initiale entre Dieu, l'homme et la
création.
Voici une explication simplifiée de ce que l'Église
catholique entend par le lien entre la Chute originelle et le Mal
physique (maladie, souffrance, mort).
1. Qu'est-ce que la Chute Originelle ?
La Chute originelle (ou péché originel) se
réfère à l'événement décrit symboliquement dans le Livre de la Genèse : la désobéissance
des premiers êtres humains, Adam et Ève, au commandement de Dieu de ne pas
manger du fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal.
Le Catéchisme de l'Église Catholique (CEC) enseigne que
cette désobéissance fut un acte de rupture et de refus de confiance
envers Dieu.
L'État Initial : L'Harmonie (Justice Originelle)
Selon la doctrine catholique, Dieu avait créé l'homme et
la femme dans un état de sainteté et de justice originelles. Cela
impliquait non seulement la grâce (l'amitié avec Dieu), mais aussi des
"dons" physiques et psychologiques :
- L'immunité contre la souffrance, la maladie
et la mort.
- L'harmonie intérieure : l'esprit contrôlait
parfaitement le corps et les passions.
- L'harmonie avec la création : le travail
n'était pas pénible et l'homme vivait dans un environnement sans
hostilité.
Dans cet état parfait, l'homme ne devait pas souffrir et
ne devait pas mourir.
2. Le Lien entre la Chute et le Mal Physique
Lorsque l'homme a commis le péché originel, il a perdu
ces dons d'harmonie, ce qui a eu des conséquences physiques immédiates
et permanentes sur l'humanité et la création.
La perte de l'Immortalité et de l'Immunité
La principale conséquence physique de la Chute a été
l'entrée de la mort dans le monde. La maladie et la souffrance sont considérées
comme les signes et le chemin vers cette mort : « Par la désobéissance d’Adam,
le péché a fait son entrée dans le monde, et par le péché, la mort » ( 5, 12).
En perdant l'amitié de Dieu (la grâce), l'homme a perdu
le "bouclier" qui le protégeait de la désintégration physique. Le
corps, désormais soumis aux lois de la matière sans cette grâce spéciale,
devient fragile et mortel.
La Création elle-même est "Brisée"
Le péché d'Adam n'a pas seulement affecté l'humanité, il
a également affecté l'ensemble de la création, brisant l'harmonie cosmique :
- L'effort physique (le travail) devient
pénible (la fatigue) et la procréation se fait dans la douleur .
En résumé, le mal physique (maladie, souffrance,
mort) n'est pas vu comme une punition active de Dieu qui envoie
ces maux, mais comme une conséquence naturelle de la rupture de l'ordre
initial. C'est la perte de la vie surnaturelle qui a entraîné la corruption
et la désorganisation de la nature humaine et du monde.
3. Conséquence pour les Innocents
Tous les êtres humains, y compris les enfants
innocents, naissent dans cet état de nature déchue, héritant de la fragilité
et de la mortalité de la race humaine. C'est pourquoi la maladie et la
souffrance atteignent tout le monde, sans distinction de faute personnelle.
Face à la souffrance des innocents, l'Église rappelle que
la réponse définitive de Dieu n'est pas l'explication, mais l'Incarnation
: en Jésus-Christ, Dieu a partagé cette souffrance jusqu'à la mort, lui
donnant un sens rédempteur pour ceux qui l'unissent à Lui.
4. Le Mystère de la Permission
Le vrai dilemme est de savoir pourquoi un Dieu tout-puissant
et tout-bon permet le mal. La foi chrétienne ne prétend pas
fournir une réponse rationnelle simple qui épuiserait ce mystère.
Le Catéchisme de l'Église
Catholique (CEC) aborde ce point crucial en déclarant :
La foi nous donne la certitude que Dieu
ne permettrait pas le mal s'il ne faisait pas sortir le bien du mal lui-même
(CEC 311).
Dieu, dans sa puissance infinie,
peut tirer un bien encore plus grand du mal qu'il tolère. L'exemple le
plus éclatant de cela est la Passion et la Résurrection du Christ :
« En effet, du mal moral le plus
grand, la mort de son Fils, il a tiré les plus grands biens : la glorification
du Christ et notre rédemption » (Compendium du CEC, 58).
Ce « bien » tiré du mal ne justifie
pas le mal lui-même, mais il révèle l'amour et la puissance de Dieu pour le
vaincre.
5. La Souffrance des Innocents et la
Réponse du Christ
Le scandale de la souffrance des
enfants innocents est particulièrement poignant. L'Église y apporte sa
réponse non par une explication intellectuelle qui nierait la douleur, mais par
une réponse vécue :
- La Solidarité du Christ (CEC 1505) : En
s'incarnant, Jésus a partagé toutes nos souffrances. Il a fait siennes nos
misères : « Il a pris nos infirmités et s’est chargé de nos maladies
» . Dieu n'est pas un spectateur lointain ; il est le premier à souffrir
du mal qui frappe l'homme.
- La Valeur Rédemptrice de la Souffrance (CEC 1521)
: La souffrance, séquelle du péché originel, reçoit
un sens nouveau : elle peut devenir participation à l'œuvre
salvifique de Jésus. En unissant sa souffrance à celle du Christ sur
la Croix, même un enfant innocent peut y trouver un sens, contribuant, par
la grâce de Dieu, au bien de l'Église et du monde. Les victimes innocentes
sont ainsi unies plus étroitement au sacrifice rédempteur du Christ.
Le croyant est donc invité à combattre
le mal et à soulager la souffrance, soutenu par l'espérance de la Résurrection
qui assure que le mal n'aura pas le dernier mot.

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