PAPE LÉON XIV
AUDIENCE GÉNÉRALE
___________________________________
Cycle de catéchèse –
Jubilé 2025. Jésus-Christ notre espérance. II.
La vie de Jésus.
Les guérisons
9. Bartimée,
Confiance, lève-toi ; il
t’appelle (Mc 10,49).
Chers frères et sœurs, bonjour !
Avec cette catéchèse, je
voudrais porter notre regard sur un autre aspect essentiel de la vie de Jésus,
à savoir ses guérisons.
Pour cela je vous invite à
présenter au Cœur du Christ vos douleurs et vos fragilités, ces aspects de
votre vie où vous vous sentez bloqués et immobilisés. Demandons avec confiance
au Seigneur d'entendre notre cri et de nous guérir !
Le personnage qui nous
accompagne dans cette réflexion nous aide à comprendre qu'il ne faut jamais
abandonner l'espérance, même lorsque nous nous sentons perdus. Il s'agit de
Bartimée, un aveugle et mendiant que Jésus rencontra à Jéricho
(cf. Mc 10, 40-52). Le lieu est significatif : Jésus se rend à
Jérusalem, mais il commence son voyage, pour ainsi dire, depuis les “enfers” de
Jéricho, ville située en-dessous du niveau de la mer. Jésus, en effet par sa
mort, est allé chercher cet Adam qui est tombé et qui représente chacun de
nous.
Bartimée signifie “fils de
Timée ” : il décrit cet homme à travers une relation, malgré cela celui-ci
est dramatiquement seul. Ce nom pourrait toutefois aussi signifier “fils de
l'honneur” ou “de l'admiration”, exactement le contraire de la situation dans
laquelle il se trouve C'est également l'interprétation
donnée par Augustin dans L’accord entre les Évangiles, 2, 65, 125
Et comme le nom est aussi important dans la culture hébraïque, cela
signifie que Bartimée ne parvient pas à vivre ce qu'il est appelé à être.
A la différence ensuite du
grand mouvement de la foule marchant à la suite de Jésus, Bartimée est
immobile. L'évangéliste dit qu'il est assis au bord de la route, il a donc
besoin de quelqu'un qui le remette debout et l'aide à reprendre le chemin.
Que pouvons-nous faire
lorsque nous nous trouvons dans une situation qui semble sans issue ? Bartimée
nous enseigne à faire appel aux ressources que nous portons en nous et qui font
partie de nous. Il est mendiant, il sait demander, il sait même crier ! Si tu
désires vraiment quelque chose, fais tout pour l'obtenir, même si les autres te
réprimandent, t'humilient et te disent de laisser tomber. Si tu le désires
vraiment, continue à crier !
Le cri de Bartimée, rapporté
dans l'Évangile de Marc – « Fils de David, Jésus, aie pitié de moi ! » (v. 47)
– est devenu une prière très connue dans la tradition orientale, que nous
pouvons également utiliser : « Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie
pitié de moi, pécheur ».
Bartimée est aveugle, mais
paradoxalement, il voit mieux que les autres et reconnaît qui est Jésus !
Devant son cri, Jésus s'arrête et le fait appeler (cf. v. 49), car il n'y a aucun
cri que Dieu n'entende, même lorsque nous ne sommes pas conscients de nous
adresser à lui (cf. Ex 2, 23). Il semble étrange que, devant un
aveugle, Jésus ne se rende pas immédiatement auprès de lui ; mais, si nous y
réfléchissons bien, c'est la manière pour réactiver la vie de Bartimée : il le
pousse à se relever, fait foi en sa capacité de marcher. Cet homme peut se
remettre debout, il peut ressusciter de sa situation de mort. Mais pour cela,
il doit accomplir un geste très significatif : il doit jeter son manteau (cf. v. 50) !
Pour un mendiant, le manteau
est tout : c'est la sécurité, c'est la maison, c'est la défense qui le protège.
Même la loi protégeait le manteau du mendiant et imposait de le lui rendre le
soir, s'il avait été pris en gage (cf. Ex 22, 25). Et pourtant, bien
souvent, ce qui nous bloque, ce sont précisément nos apparentes sécurités, ce
que nous avons mis sur nous pour nous défendre et qui, au contraire, nous
empêche de marcher. Pour aller vers Jésus et se laisser guérir, Bartimée doit
s'exposer à Lui dans toute sa vulnérabilité. C'est le passage fondamental de
tout cheminement vers la guérison.
La question que Jésus lui
pose semble également étrange : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » (v.
51). Mais, en réalité, il
n'est pas évident que nous voulions guérir de nos maladies, parfois
nous préférons rester immobiles pour ne pas assumer nos responsabilités.
La réponse de Bartimée est
profonde : il utilise le verbe anablepein, qui peut signifier «
voir à nouveau », mais que nous pourrions également traduire par « lever le
regard ». En effet, Bartimée ne veut pas seulement recouvrer la vue, il veut
aussi retrouver sa dignité ! Pour lever le regard, il faut relever la tête. Parfois,
les gens sont bloqués parce que la vie les a humiliés et ils ne souhaitent que
retrouver leur propre valeur.
Ce qui sauve Bartimée, et chacun de nous, c'est la foi. Jésus nous guérit pour que nous puissions
devenir libres. Il n'invite pas Bartimée à le suivre, mais lui dit d'aller, de
se remettre en chemin (cf. v. 52). Marc conclut cependant le récit en
rapportant que Bartimée se mit à suivre Jésus : il a librement choisi de suivre
celui qui est le Chemin !
Chers frères et sœurs,
portons avec confiance devant Jésus nos maladies, ainsi que celles de nos
proches, portons aussi la souffrance de ceux qui se sentent perdus et ne
trouvent pas d’issue. Crions aussi pour eux, et soyons certains que le Seigneur
nous écoutera et se penchera sur nous.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire